À l’ordre du jour du Conseil académique de demain et du Conseil d’administration de Nantes Université du 17 octobre prochain, des modifications au Règlement Intérieur qui visent à interdire toute réunion ou expression qui pourrait déplaire à la Présidence.
Dans son projet de délibération, des poursuites disciplinaires pourraient ainsi être dorénavant engagées contre toute personne participant à un regroupement « non autorisé » dans l’enceinte de l’établissement. Cet article permettrait par exemple de sanctionner tous·tes les étudiant·es qui participent aux Assemblées Générales ou à des rassemblements sur les campus, qui n’auraient pas été déclarés à la Présidence dans un délai d’un mois.
Outre la modification de cet article 11, c’est aussi l’article 4 sur la liberté d’expression qui est modifié afin de pouvoir poursuivre « l’usage abusif de la liberté d’expression ». C’est une modification du même article qui interdit au personnel et usager·ères de porter atteinte à la réputation de l’établissement, y compris sur les réseaux sociaux.
Ce n’est pas seulement une atteinte à la liberté d’expression ici ; c’est un risque aussi pour la liberté syndicale. Des étudiant·es ou des personnels se retrouveront-iels bientôt devant une commission disciplinaire ou un tribunal pour avoir dénoncé les conditions de travail et d’études qui se dégradent ? La présidence de l’Université veut-elle ainsi réduire au silence les étudiant·es et le personnel qui se mobilisent contre les politiques d’austérité, les lois racistes, et les différents projets qui dégradent nos conditions de vie et d’études ? N’a-t-elle pas, par ailleurs, exprimé une forme de complaisance avec l’UNI (organisation d’extrême droite) lorsque cette organisation a menacé et agressé des étudiant·es lors des élections universitaires étudiantes, allant même jusqu’à engager des poursuites disciplinaires à l’égard d'un étudiant qui a subi une agression raciste ?
Nous sommes inquiet·es, nous ne le cacherons pas, de ce glissement autoritaire et liberticide induit par ce projet de Règlement Intérieur. En vérité, cette modification du règlement intérieur nous semble porter atteinte aux libertés de la communauté universitaire dans son ensemble et servir les intérêts de celles et ceux qui souhaitent une université aseptisée, s’accordant ainsi aux gouvernements qui visent à « mettre la jeunesse et les salariés au pas ». Elle s’attaque aussi potentiellement aux libertés académiques.
Ce projet de Règlement Intérieur manifeste une volonté de réprimer les mouvements sociaux : il traduit une attaque massive contre la liberté d’expression et de réunion, mais représente aussi une menace sensible pour les droits syndicaux.
Nous ne nous laisserons pas faire ! Nous attendons de la Présidence l’abandon sine die de ce projet de Règlement Intérieur.
Solidaires étudiantes Nantes, Union Pirate Nantes, FSE Nantes, SUD éducation 44, CGT Ferc Sup, FSU, FNEC-FP FO
