Textes d’orientation

Un syndicat écologiste (2025)

Le monde tel que nous le connais­sons est actuel­le­ment en train de se trans­for­mer en rai­son des impacts de l’ac­ti­vité humaine sur son envi­ron­ne­ment. Le chan­ge­ment cli­ma­tique inten­si­fie les vagues de cha­leur et trans­forme nos lieux de tra­vail et nos temps de tra­jet en véri­tables défis ther­miques. Les réper­cus­sions sont graves sur la santé et l’ap­pren­tis­sage des élèves et sur nos condi­tions de tra­vail. Les tem­pé­ra­tures extrêmes nous exposent direc­te­ment aux risques sani­taires. La ges­tion de ces épi­sodes extrêmes entraîne des dif­fi­cul­tés majeures dans notre orga­ni­sa­tion professionnelle.

Au delà du réchauf­fe­ment cli­ma­tique, qui en est la consé­quence la plus média­tique, on constate une dégra­da­tion rapide et géné­ra­li­sée des condi­tions qui ont per­mis le déve­lop­pe­ment et le main­tien de la vie sur Terre. Entre 2022 et 2025 ce sont déjà sept des neuf limites pla­né­taires qui ont été dépas­sées. Le monde dans lequel nous vivons est sou­mis à des évé­ne­ments cli­ma­tiques (tem­pêtes, inon­da­tions, feux) dont la fré­quence et l’in­ten­sité augmentent.

Nos socié­tés occi­den­tales sont les prin­ci­pales res­pon­sables de ce désastre. Plus un pays s’ac­ca­pare de richesses, plus il nuit à la bio­sphère. Et au sein de chaque pays, ce sont les classes les plus aisées qui ont les com­por­te­ments les plus nui­sibles. Face à cette situa­tion, SUD édu­ca­tion 44 doit avoir un rôle actif dans la pro­tec­tion du vivant et la défense des condi­tions de tra­vail et d’apprentissage non seule­ment sup­por­tables mais éga­le­ment confor­tables pour les per­son­nels et les élèves. Cette action doit pas­ser par le sou­tien et l’accompagnement aux actions des col­lègues pour faire valoir leur droit à la pro­tec­tion notam­ment contre les risques ther­miques (RSST, droit de retrait et droit d’alerte, etc) par notre enga­ge­ment au sein de la F3SCT qui exa­mine les condi­tions de travail.

1) Donnons-nous un ave­nir humain

Pour construire un futur vivable, sain et dési­rable, nous devons nous enga­ger dans deux direc­tions qui, au-delà des petits gestes, per­mettent une trans­for­ma­tion struc­tu­relle de la société.

  • La pre­mière est la lutte contre le capi­ta­lisme par la lutte syn­di­cale et la pro­mo­tion d’un autre modèle de société plus sobre et qui ne soit pas basé sur une consom­ma­tion de masse.

  • La deuxième est l’a­dap­ta­tion aux chan­ge­ments, ceux déjà pré­sents et ceux à venir, en favo­ri­sant la coopé­ra­tion, l’é­quité et le lien social à la place de la com­pé­ti­tion, du cha­cun pour soi et du solu­tion­nisme technologique.

Articuler ces deux direc­tions néces­site une trans­for­ma­tion pro­fonde de l’é­cole, une trans­for­ma­tion que SUD édu­ca­tion 44 doit pro­mou­voir dans son action syndicale.

2) Changer l’école

Par la péda­go­gie :

  • Mettre en place, sans attendre, pour tous les degrés, dans toutes les matières, des conte­nus d’en­sei­gne­ments qui per­mettent aux élèves et étudiant·es de com­prendre les méca­nismes de la crise envi­ron­ne­men­tale en cours et les moyens d’agir dessus.

  • Lutter pour la prise en compte, dans les pro­grammes sco­laires et dans les for­ma­tions pro­fes­sion­na­li­santes, des enjeux éco­lo­giques par une étude des impacts locaux du capi­ta­lisme et des réflexions per­met­tant une trans­for­ma­tion éco­lo­gique et son accom­pa­gne­ment social.

  • Développer des péda­go­gies éman­ci­pa­trices dans les­quelles les élèves par­ti­cipent aux prises de déci­sion sur leur envi­ron­ne­ment et, déve­loppent des pro­jets concrets où des liens sont tis­sés avec leur envi­ron­ne­ment et s’approprient leurs moda­li­tés d’apprentissages.

  • En inté­grant dans la for­ma­tion ini­tiale et conti­nue des enseignant-es des for­ma­tions sur les causes et enjeux sys­té­miques de l’é­co­lo­gie, ainsi que sur leur mise en place dans tous les apprentissages.

Par le bâti :

  • Exiger la mise en place d’un plan de réno­va­tion / recons­truc­tion du bâti sco­laire pour la réduc­tion des consom­ma­tions en eau et en éner­gie, ainsi que la pro­duc­tion d’énergies renou­ve­lables sur site.

  • Informer les usager-es et per­son­nels par la sys­té­ma­ti­sa­tion des diag­nos­tics éner­gé­tiques, la pré­sence de détec­teurs de pol­lu­tion et de cap­teurs de qua­lité de l’air ainsi que la trans­pa­rence totale sur les risques envi­ron­ne­men­taux (tout par­ti­cu­liè­re­ment sur la pré­sence d’amiante).

  • La prise en compte de ces risques par les for­ma­tions spé­cia­li­sées (aupa­ra­vant CHSCT) et notam­ment une cam­pagne de désa­mian­tage des éta­blis­se­ments sco­laires dans le cadre de l’application du Plan amiante relancé en 2016 ; une prise en charge des per­son­nels exposés

  • Améliorer l’en­vi­ron­ne­ment de tra­vail par l’instauration de tem­pé­ra­tures mini­males et maxi­males de tra­vail, favo­ri­ser la végé­ta­li­sa­tion des espaces exté­rieurs qui doivent être acces­sibles en-dehors du temps sco­laire à la population.

Par les can­tines scolaires :

  • Exigeons la mise en place d’une res­tau­ra­tion de qua­lité res­pec­tueuse du vivant et de notre milieu par la mise en place de repas végé­ta­riens quo­ti­diens et l’u­ti­li­sa­tion de pro­duits locaux et bio­lo­giques sans hausse du prix du repas pour les familles.

  • En ren­dant le ser­vice de res­tau­ra­tion sco­laire gra­tuit pour toustes.

  • Le tout pré­paré dans des can­tines sur site, par des agent·es fonc­tion­naires formé·es en nombres suf­fi­sant afin d’investir les cui­sines dans la conti­nuité des ensei­gne­ments comme espace car­di­nal du soin : soin de la santé glo­bale, du soin à l’autre et du soin à soi.

Par les transports :

  • Permettre des dépla­ce­ments décar­bo­nés par le déve­lop­pe­ment des trans­ports en com­mun, des voies pié­tons et cyclistes en ville comme à la com­pagne ainsi que l’a­mé­na­ge­ment des espaces publiques pour favo­ri­ser leurs présences.

  • Inciter finan­ciè­re­ment l’u­ti­li­sa­tion de ces mobi­li­tés éco­lo­giques et ins­tau­rer la gra­tuité des trans­ports en com­mun, y com­pris scolaires.

  • Diminuer la lon­gueur des dépla­ce­ments des per­son­nels par l’aug­men­ta­tion mas­sive des places aux concours et le recru­te­ment mas­sif de remplaçant·es.

Par la reprise de contrôle du numérique : 

  • Avant toute chose, sor­tir du tout numé­rique pour mettre en place un usage réflé­chi et sobre de l’ou­til infor­ma­tique afin de répondre uni­que­ment aux besoins péda­go­giques des per­son­nels et des élèves/étudiant·es.

  • Les outils numé­riques uti­li­sés pour l’en­sei­gne­ment ou le mili­tan­tisme, notam­ment l’usage de l’Intelligence Artificielle géné­ra­tive, doivent être débat­tus et pas­ser au filtre de nos valeurs syn­di­cales fon­da­men­tales. Notamment, nous savons les impacts éco­lo­giques, éthiques et humains aux­quels les consom­ma­tions liées à ces usages concourent. Pour les outils dont les moyens de res­pec­ter ces exi­gences ne sont pas assu­rés, il faut les refu­ser dans notre usage syndical.

  • Ensuite, uti­li­ser des sys­tèmes d’exploitation et de logi­ciels éco­nomes en éner­gie et à longue durée de vie sur l’ensemble des parcs infor­ma­tiques, en favo­ri­sant les logi­ciels libres. Abandonner les par­te­na­riats du monde de l’é­du­ca­tion avec les GAFAM.

  • Enfin, recru­ter des per­son­nels titu­laires for­més à l’entretien et la main­te­nance des outils infor­ma­tiques, orga­ni­ser la mise en place de la col­lecte et du tri des déchets numériques.

Par une école ouverte…

  • L’écologie ne doit pas se limi­ter au seul champ sco­laire. Ainsi, nous devons pro­mou­voir le lien avec des acteurs exté­rieurs (Collectivités, asso­cia­tions, ONG…). Cela per­met d’an­crer loca­le­ment les luttes et ainsi rap­pro­cher les besoins des usager·es.

  • En favo­ri­sant le décloi­son­ne­ment des appren­tis­sages. L’école n’est pas le seul lieu d’ap­pren­tis­sages pos­sible, l’ex­pé­rience est néces­saire au déve­lop­pe­ment d’une conscience de classe écologiste.

  • En cas de plan Orsec ou de condi­tions météo­ro­lo­giques excep­tion­nelles ren­dant dif­fi­ciles l’accueil, le tra­vail et l’ap­pren­tis­sage, SUD édu­ca­tion 44 porte, avec le concours si pos­sible de l’in­ter­syn­di­cale, auprès de l’ad­mi­nis­tra­tion et des col­lec­ti­vi­tés ter­ri­to­riales, des mesures concrètes et immé­diates (dis­po­si­tif de rafraî­chis­se­ment, amé­na­ge­ment des horaires…) pou­vant aller jus­qu’à la demande de fer­me­ture des struc­tures si la situa­tion l’exige.

3) Changer la société

Au-delà de l’é­cole, notre syn­di­ca­lisme doit s’ins­crire dans une dyna­mique de trans­for­ma­tion sociale glo­bale. C’est pour­quoi SUD édu­ca­tion 44 doit ins­crire son action aux côtés d’or­ga­ni­sa­tions et col­lec­tifs de défense du vivant, de par­tage des connais­sances et de la reprise des savoirs, que ce soit au niveau local ou national.

Portons une parole cri­tique sur le techno-solutionnisme ali­men­tée par les savoirs issus de toutes les dis­ci­plines et véhi­cu­lée dans des contextes d’apprentissages multiples.

Dans nos luttes et dans nos prises de parole, nous met­tons en avant les enjeux éco­lo­giques qui dépassent le seul cadre de l’é­cole, car il est illu­soire de croire que les enjeux de la société ne la concernent pas. Une trans­for­ma­tion glo­bale de la société est néces­saire, et nos posi­tion­ne­ments doivent récla­mer plus de sobriété, l’a­ban­don des éner­gies fos­siles, la sor­tie du nucléaire, la fin des grands pro­jets inutiles impo­sés et cli­ma­ti­cides, une véri­table fis­ca­lité éco­lo­gique, une révo­lu­tion dans les trans­ports et le loge­ment, la dimi­nu­tion du temps de tra­vail, le déve­lop­pe­ment éco­no­mique local ou encore la dis­pa­ri­tion de l’ex­ploi­ta­tion animale.

Fonctionnement interne (2025)

Entre 2021 et 2025, le nombre d’adhérent·es à SUD édu­ca­tion 44 a dou­blé. Notre syn­di­cat occupe une place désor­mais cen­trale dans le pay­sage mili­tant local. Face à cette nou­velle conjonc­ture et pour conti­nuer à se déve­lop­per, notre syn­di­cat doit néces­sai­re­ment repen­ser son fonc­tion­ne­ment interne afin de conci­lier l’ef­fi­ca­cité mili­tante et nos exi­gences auto­ges­tion­naires et inclu­sives. C’est l’ob­jet de ce texte qui vise à garan­tir un cadre per­met­tant de faire vivre la démo­cra­tie directe de manière effi­ciente au sein de notre syndicat.

1) Faire vivre la démo­cra­tie au sein de SUD édu­ca­tion 44…

Dans le fonc­tion­ne­ment interne de SUD édu­ca­tion 44, chaque adhérent·e, sans hié­rar­chie de place et d’im­pli­ca­tion, prend part aux déci­sions concer­nant la vie du syn­di­cat et les reven­di­ca­tions de notre sec­teur. Cette ambi­tion se maté­ria­lise lors des assem­blées géné­rales (AG), espaces d’auto-organisation et pierres angu­laires de la vie démo­cra­tique du syn­di­cat. Seules ins­tances déci­sion­naires, elles sont l’oc­ca­sion pour tous·tes les adhérent·es qui le sou­haitent de s’ex­pri­mer, de débattre, de par­ti­ci­per à la prise de déci­sions et de réflé­chir à leur mise en œuvre.

Pour les déci­sions prises en AG, le consen­sus est sys­té­ma­ti­que­ment visé. C’est une prise de déci­sion col­lec­tive qui vise à obte­nir un accord géné­ral plu­tôt qu’un vote majo­ri­taire. Il fonc­tionne grâce à la recherche d’un accord com­mun (et non d’un simple com­pro­mis), par le dia­logue et l’é­coute. Pour don­ner du sens à ce consen­sus, le syn­di­cat s’ef­force de sanc­tua­ri­ser des temps de débat sans prise de déci­sion, dans ou en-dehors des AG.

L’équipe des déchargé·es orga­nise les AG et pré­pare leurs ordres du jour en fonc­tion des enjeux d’ac­tua­lité et de vie interne. Les adhérent·es peuvent appor­ter des modi­fi­ca­tions à l’ordre du jour avant l’AG et au début de celle-ci. L’équipe de déchargé·es se charge de l’ap­pli­ca­tion concrète des déci­sions d’AG. De manière à ce que le plus grand nombre d’adhérent·es puisse par­ti­ci­per à ces tâches col­lec­tives et pro­fi­ter de cette occa­sion pour acqué­rir de nou­velles com­pé­tences, nous veillons à la limi­ta­tion des man­dats dans le temps et à leur rotation.

Pour garan­tir la démo­cra­tie au sein du syn­di­cat, les infor­ma­tions et les docu­ments concer­nant l’ac­tua­lité et la vie interne du syn­di­cat sont trans­mises de la manière la plus acces­sible pos­sible à tous·tes.

2)… En construi­sant un syn­di­cat inclu­sif où chacun·e est légitime…

Les AG sont une porte d’en­trée pour s’in­ves­tir au sein du syn­di­cat. Pourtant, nous avons conscience que ce sont des ins­tances tech­niques et par­fois dif­fi­ci­le­ment acces­sibles. Leur orga­ni­sa­tion doit donc per­mettre à chaque adhérent·e volon­taire d’être présent·e en AG, de com­prendre l’en­jeu des débats et d’y prendre part.

Les outils pour garan­tir la par­ti­ci­pa­tion du plus grand nombre de per­sonnes sont détaillés dans le règle­ment inté­rieur. Le syn­di­cat doit veiller à limi­ter au maxi­mum ce qui entrave la par­ti­ci­pa­tion des adhérent·es à ces assem­blées générales.

Le règle­ment inté­rieur déve­loppe éga­le­ment les moda­li­tés d’or­ga­ni­sa­tion des AG afin de garan­tir la cir­cu­la­tion de la parole lors de débats entre cama­rades. Ces outils per­mettent de quan­ti­fier la répar­ti­tion de la parole et de remé­dier aux dés­équi­libres le cas échéant (dés­équi­libres de genre, d’âge, de sta­tut pro­fes­sion­nel, de décharge…) car les AG sont des espaces de dis­cus­sion poli­tiques et non inter-personnelles.

Nous avons tou­te­fois conscience que ces moda­li­tés ne suf­fisent pas pour per­mettre à chacun·e de se sen­tir légi­time dans l’ex­pres­sion de ses idées. Pour garan­tir la vie démo­cra­tique du syn­di­cat, nous devons éga­le­ment por­ter une atten­tion col­lec­tive aux enjeux de pou­voir qui s’im­miscent par­fois dans les temps de débat. Pour don­ner du sens aux débats en AG et les rendre plus com­pré­hen­sibles, nous nous effor­çons d’ar­ti­cu­ler les points concer­nant les ins­tances ou les man­dats du syn­di­cat avec les points trai­tant de mobi­li­sa­tions et d’en­jeux poli­tiques. Pour cela, nous veillons à :

  • des prises de parole réflé­chies évi­tant les dis­cours oppres­sifs et les pos­tures de domi­na­tion (langue macho).

  • la repré­sen­ta­tion de tous les métiers de l’é­du­ca­tion dans les points mis à l’ordre jour ;

  • l’u­ti­li­sa­tion d’un lan­gage clair et expli­cite quant aux sigles et acronymes ;

  • l’é­qui­libre des prises de parole entre per­sonnes déchargé·es et non déchargé·es lors des temps de débat ;

  • l’or­ga­ni­sa­tion d’un temps dédié à l’ac­cueil des nouveaux·elles adhérent·es en début d’AG ;

  • l’ap­pli­ca­tion de mesures face à tout pro­pos et agis­se­ment discriminatoire.

En réus­sis­sant à construire l’in­clu­si­vité des AG, nous ten­dons à en faire des espaces de co-formation pour que chacun·e bâtisse sa propre culture syn­di­cale et sai­sisse au mieux les enjeux qui tra­versent notre syn­di­cat. Cela doit aussi per­mettre à celui·celle qui le sou­haite de prendre des res­pon­sa­bi­li­tés diverses, un man­dat dans les ins­tances ou une mis­sion de décharge, et d’y être accompagné·e.

3)… dans une optique d’ef­fi­ca­cité syndicale

SUD édu­ca­tion 44 est un syn­di­cat de lutte et de trans­for­ma­tion sociale (vers l’é­ga­lité et l’é­man­ci­pa­tion). Ces objec­tifs doivent gui­der l’en­semble de notre action et orga­ni­ser les outils que nous mobilisons.

Nous pra­ti­quons un syn­di­ca­lisme de ter­rain, au plus près de nos lieux de tra­vail. Nous par­ti­ci­pons aux luttes orga­ni­sés loca­le­ment et fai­sons régu­liè­re­ment des tour­nées d’é­ta­blis­se­ment pour infor­mer nos col­lègues et échan­ger avec eux.

Nous nous effor­çons de prio­ri­ser nos actions pour suivre l’ac­tua­lité des mobi­li­sa­tions, tout en veillant à ne pas délais­ser l’ac­com­pa­gne­ment des col­lègues, et à conser­ver un fonc­tion­ne­ment démocratique.

Nous consi­dé­rons les ins­tances comme des espaces visant à construire des rap­ports de force face à l’ad­mi­nis­tra­tion. Il est néces­saire de mesu­rer notre degré d’in­ves­tis­se­ment au sein de ces ins­tances au regard de ce que nous pou­vons y gagner. SUD édu­ca­tion 44 tend à sié­ger à toutes les ins­tances offi­cielles, en prio­ri­sant les ins­tances trai­tant des condi­tions de tra­vail. Notre syn­di­cat ne perd pas de vue que l’administration confisque un temps mili­tant pré­cieux en mul­ti­pliant les groupes de tra­vail. Notre par­ti­ci­pa­tion à ces groupes n’y est de ce fait pas systématique.

Une équipe exé­cu­tive peut se réunir pour mettre en œuvre les déci­sions d’AG. Celle-ci se com­pose des déchargé·es, des adhérent·es sou­hai­tant s’en­ga­ger plus avant dans le mili­tan­tisme au sein de notre syn­di­cat et des siégeant·es ou détenteur·ices d’un man­dat au nom du syn­di­cat. Chaque adhérent·e doit pou­voir s’in­ves­tir dans le syn­di­cat en fonc­tion de ses com­pé­tences et appé­tences particulières.

Pour une école réellement inclusive

(2025)

1) Introduction et constats dans le 44

L’inclusion est deve­nue un enjeu pour toutes les écoles et éta­blis­se­ments sco­laires. Elle est sou­vent vécue dif­fi­ci­le­ment par les col­lègues qui se heurtent au manque de moyens don­nés par l’institution. Ce manque entraîne des situa­tions de souf­france pour les élèves et les per­son­nels en situa­tion de han­di­cap, les élèves allo­phones et les élèves en situa­tion de précarité.

Dans le 44, en 2021, 80% des enfants en situa­tion de han­di­cap sont scolarisé·es en milieu ordi­naire. En 2021, 1650 enfants en situa­tion de han­di­cap sont scolarisé·es dans des uni­tés d’en­sei­gne­ment des éta­blis­se­ments médico-sociaux ou des éta­blis­se­ments hos­pi­ta­liers, soit 19% du total.

Les élèves en situa­tion de han­di­cap et scolarisé·es en milieu ordi­naire ne béné­fi­cient pas de l’en­semble des heures d’ac­com­pa­gne­ment aux­quelles iels ont le droit. Avec la mutua­li­sa­tion, la diver­sité et la tota­lité de leurs besoins à tou·te·s ne sont plus consi­dé­rées pour recru­ter en consé­quence les AESH. Au lieu de cela les PIALs attri­buent désor­mais les AESH prio­ri­tai­re­ment aux rares élèves ayant des noti­fi­ca­tions indi­vi­dua­li­sées avec un nombre d’heures à res­pec­ter, puis ils par­tagent les maigres moyens humains res­tant entre leurs élèves de plus en plus nombreux·ses ayant des noti­fi­ca­tions MDPH mutua­li­sées sans pré­ci­sion d’heures.

L’inclusion sco­laire est loin d’être une réa­lité pour toustes. Malgré la pré­sence de 1696 élèves allo­phones, le délai moyen de 53 jours pour inté­grer un dis­po­si­tif est inac­cep­table. Ces élèves ne béné­fi­cient pas tou­jours des heures d’ac­com­pa­gne­ment aux­quelles iels ont droit. Enfin, la situa­tion des élèves en situa­tion de pré­ca­rité, dont certain·es sans toit, doit être prise en compte. SUD édu­ca­tion 44 milite pour que chaque élève ait accès à un loge­ment et à une édu­ca­tion inclusive.

À SUD édu­ca­tion 44, on affirme qu’il existe une voie pour une école réel­le­ment inclu­sive, une école ouverte à tout·es, qui res­pecte les condi­tions de tra­vail des per­son­nels et les condi­tions d’ac­cueil des élèves.

2) Revendications concrètes et immédiates

SUD édu­ca­tion 44 cherche à s’emparer du com­bat anti­va­li­diste (lutte contre l’oppression qui s’exerce sur les per­sonnes en situa­tion de han­di­cap) dans ses valeurs et ses luttes. Nous revendiquons :

Pour les élèves :

    • Le res­pect des heures d’ac­com­pa­gne­ment pour les élèves notifié·es.

    • La créa­tion de postes d’assistant·es sociaux, d’infirmier·es et de médecin·es sco­laires en nombre suffisant.

    • Le recru­te­ment d’AESH sous un réel sta­tut afin de péren­ni­ser l’accompagnement.

    • Le res­pect sys­té­ma­tique de la double ins­crip­tion dans les dis­po­si­tifs et les classes d’o­ri­gine, tout en bais­sant les effec­tifs par classe.

    • La recon­nais­sance par les col­lec­ti­vi­tés des élèves scolarisé-es en EMS en finan­çant les aides à hau­teur des besoins réels.

    • Un ren­for­ce­ment des réseaux d’aides spé­cia­li­sées aux élèves en dif­fi­culté (RASED) exis­tants et des créa­tions de tels réseaux là où ils manquent.

    • Un ren­for­ce­ment des dis­po­si­tifs d’in­clu­sion à hau­teur des besoins (uni­tés loca­li­sées pour l’inclusion sco­laire (ULIS), uni­tés péda­go­giques pour élèves allo­phones arri­vants (UPE2A), uni­tés d’enseignement mater­nelle autisme (UEMA)…)

    • La pos­si­bi­lité d’ob­te­nir des temps de tra­vail com­mun entre enseignant.e.s et per­son­nels médico-sociaux, incluant les familles au besoin.

Pour les personnels

    • Des espaces et outils adap­tés afin d’ac­cueillir l’en­semble des usager·es en situa­tion de han­di­cap. Cela passe notam­ment par un accom­pa­gne­ment des per­son­nels ayant une RQTH afin de faire valoir leurs droits.

    • Une véri­table for­ma­tion ini­tiale et conti­nue adap­tée aux dif­fé­rents han­di­caps ren­con­trés dans les écoles qui ne sau­rait pal­lier un manque de moyens octroyé par l’institution.

Pour les AESH : 

    • Un véri­table sta­tut de fonc­tion­naire afin de recon­naître leur rôle éducatif.

    • Un salaire mini­mum de 1870€ nets à l’en­trée dans le métier, ainsi que l’ac­cès aux mêmes primes, indem­ni­tés et pon­dé­ra­tions que les titu­laires, quelle que soit la durée du contrat, pour garan­tir une rému­né­ra­tion juste et équitable.

    • Un temps de tra­vail de 24h maxi­mum d’ac­com­pa­gne­ment direct, pour un temps plein, le reste du temps étant dédié aux tâches admi­nis­tra­tives, à la pré­pa­ra­tion des séances, au suivi des élèves, à la coor­di­na­tion avec les équipes édu­ca­tives et à la for­ma­tion continue.

    • La fin des temps par­tiels subis.

    • L’arrêt des PIAL (Pôles Inclusifs d’Accompagnement Localisés).

    • La fin des Pôles d’Appui à la Scolarité (PAS) : les écoles et éta­blis­se­ments ont besoin d’é­quipe plu­ri­dis­ci­pli­naires sur le ter­rain, à même d’in­ter­ve­nir direc­te­ment auprès des élèves, et non d’aide exter­na­li­sée ou de strates admi­nis­tra­tives supplémentaires.

    • Une limi­ta­tion des affec­ta­tions à deux éta­blis­se­ments maxi­mum pour chaque AESH, afin de garan­tir une meilleure cohé­rence et une meilleure orga­ni­sa­tion du travail.

    • Une for­ma­tion conti­nue des AESH adap­tée aux besoins for­mu­lés par celleux-ci.

3) Notre école idéale

Syndicat de trans­for­ma­tion sociale, SUD Éducation 44 lutte pour une société éga­li­taire, inclu­sive et auto­gé­rée. Nous cher­chons à abo­lir les hié­rar­chies sociales et les domi­na­tions pour que chacun·e puisse s’émanciper dans le par­tage des tâches et le par­tage des richesses. Puisque la trans­for­ma­tion de la société est for­te­ment cor­ré­lée à celle de l’école et que l’é­cole telle qu’elle est pen­sée aujourd’­hui ne per­met­tra jamais une véri­table inclu­sion, il est néces­saire d’i­ma­gi­ner une autre orga­ni­sa­tion de l’é­cole : une école auto­gé­rée, éman­ci­pa­trice, libé­ra­trice, ouverte à toutes et tous, un ser­vice public qui crée du com­mun face aux logiques individualistes.

Cette nou­velle école de la mater­nelle au lycée, obli­ga­toire jus­qu’à 18 ans, sera unique. Elle impli­quera donc la sup­pres­sion des struc­tures ségré­ga­tives, dont les équipes péda­go­giques et médico-sociales seront inté­grées aux écoles. Les locaux seront réflé­chis et adap­tés pour répondre à tous les besoins des élèves et des per­son­nels et seront ouverts sur la nature et le monde. Ils pour­ront per­mettre la mise en pra­tique d’appren­tis­sages repen­sés pour se déga­ger des injonc­tions per­for­ma­tives et du sys­tème indi­vi­dua­liste actuel. On y ensei­gnera des notions manuelles non-genrées et des appren­tis­sages tech­niques et artis­tiques. Les capa­ci­tés psy­cho­so­ciales des élèves y seront valorisées.

Cette école repo­sera sur des prin­cipes de coopé­ra­tion et d’autogestion dans l’établissement comme dans la classe. Elle dis­po­sera de cours de récréa­tion non gen­rées. Elle per­met­tra l’in­té­gra­tion des res­pon­sables des élèves et du tissu asso­cia­tif local et natio­nal dans le cadre sco­laire pour que l’é­cole soit direc­te­ment inclue dans la société.

Enfin, la for­ma­tion conti­nue des enseignant-es sera réflé­chie dif­fé­rem­ment, en fonc­tion des véri­tables besoins de l’é­quipe édu­ca­tive et à tra­vers des sys­tèmes de co-formation entre pairs, à l’i­mage de cette nou­velle école.

SUD éducation 44 dans la lutte des classes (2025)

En 1871, des révo­lu­tion­naires comme Louise Michel ont fondé un pro­jet d’é­cole éman­ci­pa­trice, laïque, gra­tuite et acces­sible à toustes. Cette demande popu­laire d’é­du­ca­tion fut écra­sée dans le sang avec le reste de la Commune de Paris. Une décen­nie plus tard les lois Ferry ins­taurent bien une école laïque, gra­tuite et obli­ga­toire. Cependant l’objectif n’est plus d’émanciper mais de conte­nir les classes dan­ge­reuses et dif­fu­ser sur le ter­ri­toire un récit répu­bli­cain au ser­vice d’une bour­geoi­sie natio­na­liste et colonialiste.

1)Une école clas­siste au ser­vice d’une société capitaliste

L’école au ser­vice de la bourgeoisie

Le sys­tème sco­laire dif­fuse une culture légi­time, par­lant la langue de la bour­geoi­sie. L’école est ainsi une ins­tance de repro­duc­tion sociale qui, selon les mots de Bourdieu, « trans­forme ceux qui héritent en ceux qui méritent ».

De plus, à tra­vers le contour­ne­ment de la carte sco­laire et les sub­ven­tions publiques dis­tri­buées aux écoles pri­vées, l’é­cole est aussi un lieu de ségré­ga­tion sociale car tout le monde ne va pas dans les mêmes établissements.

Enfin, les dif­fé­rentes filières d’en­sei­gne­ment sont elles-même ségré­guées : la mixité sociale est un leurre, elle est en réa­lité une jux­ta­po­si­tion sociale qui ne per­met pas une éman­ci­pa­tion des enfants de classes popu­laires. Au contraire, l’é­cole est sou­vent un outil de main­tien de l’ordre, exer­çant une forme de vio­lence sociale envers les enfants les plus pauvres ou issus de minorités.

L’école au ser­vice du patronat

Le sys­tème sco­laire a vu sa mis­sion de tri social se ren­for­cer en déli­vrant des diplômes plus ou moins ren­tables sur le mar­ché du tra­vail. Avec des pro­cé­dés de sélec­tion dont Parcoursup est l’emblème, l’é­cole ne s’a­dapte pas aux besoins ni aux désirs des élèves, mais aux besoins des entre­prises en termes de qua­li­fi­ca­tions et de main d’œuvre ser­vile. Ce tri social est d’au­tant plus violent dans les filières pro­fes­sion­nelles, dans les­quelles se trouvent une large part d’en­fants des classes popu­laires et où les entre­prises font la loi.

L’École trans­met une logique pro­duc­ti­viste et un esprit de com­pé­ti­tion, les élèves y sont mis en concur­rence par l’é­va­lua­tion et pour leur orien­ta­tion. Le déve­lop­pe­ment de l’ap­pren­tis­sage, loin d’être cen­tré sur l’ac­qui­si­tion de com­pé­tences, est pensé comme l’or­ga­ni­sa­tion d’une exploi­ta­tion pré­caire des étudiant·es par les entre­prises et du finan­ce­ment de leur for­ma­tion par l’état.

Les per­son­nels d’é­du­ca­tion subissent l’exploitation

Dans une logique consu­mé­riste et clien­té­liste, le Ministère s’in­quiète davan­tage des parents que des enseignant-es. À tra­vers un mana­ge­ment toxique et un enchef­fe­ment tou­jours plus pro­noncé, les pra­tiques auto­ri­ta­ristes se développent.

Dans nos écoles, l’or­ga­ni­sa­tion du tra­vail est patho­gène et toxique. Le « Nouveau Management Public » nous impose un tay­lo­risme édu­ca­tif où l’hu­main est broyé, contrôlé à outrance, et pro­fon­dé­ment aliéné par une quête absurde de pro­duc­ti­vité. Une logique qui tra­hit toutes nos valeurs.

Cette toxi­cité est l’arme du capi­ta­lisme de la mater­nelle à l’université. La hié­rar­chie en est le relais zélé, pro­pa­geant une idéo­lo­gie des­truc­trice. Élèves, étudiant-es et per­son­nels sont traité-es comme des mar­chan­dises for­ma­tées, de simples variables d’a­jus­te­ment bud­gé­taire. L’enseignement se réduit à une logique de ren­de­ment exi­geant des per­son­nels « effi­caces » et « ren­tables ». Concurrence et per­for­mance chif­frée vident nos métiers de sens, pro­vo­quant une alié­na­tion insup­por­table et met­tant les per­son­nels en danger.

Face à cette situa­tion, les liber­tés péda­go­giques et aca­dé­miques sont en déclin, les condi­tions de tra­vail ne cessent de se dégra­der. L’éducation n’a pas de valeur mar­chande, elle n’est donc pas consi­dé­rée comme « ren­table » : ce n’est qu’un coût à mini­mi­ser dans le bud­get de l’État.

2) Quel rôle de SUD édu­ca­tion 44 dans la lutte des classes ?

Pour ces rai­sons, nous esti­mons que le rôle de SUD édu­ca­tion 44 est de tou­jours s’ins­crire dans une lutte de classes plus large, dans cha­cune de nos actions syn­di­cales locales. Il est pos­sible d’a­gir très concrètement :

Face à la hiérarchie

Nos supérieur·es, de part leur posi­tion de pou­voir, tendent à défendre des inté­rêts oppo­sés à ceux des per­son­nels et des élèves. Les mis­sions des Recteur·ices, DASEN, les pré­si­dences d’université et autres IEN ou IPR consistent à appli­quer les poli­tiques minis­té­rielles qui, dans la grande majo­rité des cas, des­servent l’École telle que nous la concevons.

Au-delà de toute consi­dé­ra­tion morale (un bon ou un mau­vais chef), il s’a­git bien d’un anta­go­nisme de classe. Nous devons donc por­ter cet anta­go­nisme dans les ins­tances aux­quelles nous par­ti­ci­pons ou lorsque nous défen­dons des col­lègues en conflit avec leur hié­rar­chie qui cherche à bri­ser les dyna­miques de lutte col­lec­tive. Notre syn­di­cat peut accom­pa­gner les col­lègues pour réin­té­grer la force du nombre.

Entre col­lègues

Il nous appar­tient ainsi, par­tout où c’est pos­sible, de créer des alliances avec nos col­lègues. Le mana­ge­ment consiste à dres­ser les per­son­nels les uns contre les autres, à les mettre en com­pé­ti­tion. Face à cela, SUD édu­ca­tion 44 s’at­tache à créer des soli­da­ri­tés entre travailleur·euses, en valo­ri­sant toute forme d’or­ga­ni­sa­tion col­lec­tive au ser­vice de la construc­tion d’une école émancipatrice.

Nous orga­ni­sons des RIS et des HMI, sou­te­nons les per­son­nels en lutte, construi­sons des grèves ou encore appe­lons à des boy­cotts (PACTE, éva­lua­tions natio­nales…) pour résis­ter ensemble aux rap­ports de domination.

Auprès des élèves

Il s’a­git d’a­bord, vis-à-vis des élèves, de prendre conscience de la posi­tion que nous occu­pons dans l’es­pace social, afin de ne pas repro­duire de mépris de classe envers nos élèves ou leurs familles.

Mais nous pou­vons aussi, en tant que syn­di­cat, défendre le recours à des péda­go­gies éman­ci­pa­trices, sans hié­rar­chie des dif­fé­rentes formes de cultures, ou uti­li­ser des outils d’é­du­ca­tion popu­laire, en par­ti­cu­lier dans nos stages, pour don­ner sa légi­ti­mité à toute forme de savoir.

Cette approche péda­go­gique ne sau­rait suf­fire : il y a bien un enjeu à repen­ser l’é­cole dans son entiè­reté afin de construire les condi­tions per­met­tant l’é­pa­nouis­se­ment de telles pra­tiques péda­go­giques (locaux, effec­tifs par classe, mixité…). C’est pour­quoi SUD édu­ca­tion 44 doit appor­ter un sou­tien moral, idéo­lo­gique et maté­riel aux mobi­li­sa­tions des élèves et à leurs col­lec­tifs et éta­blir un maxi­mum de liens avec le syn­di­cat Solidaires étudiant.e.s.

Auprès des familles

Enfin, il nous appar­tient de créer des alliances avec les parents d’é­lèves, avec qui nous par­ta­geons des inté­rêts com­muns. La défense du ser­vice public et la construc­tion d’une école éman­ci­pa­trice, pour toutes et tous, sont des reven­di­ca­tions que nous devons nous effor­cer de par­ta­ger avec les familles. Ces der­nières peuvent peser consi­dé­ra­ble­ment dans la construc­tion de rap­ports de force face à la hiérarchie.

Il est impor­tant d’in­clure les familles dans nos luttes et col­lec­tifs, en par­ti­cu­lier les familles de classes popu­laires, afin de défendre nos inté­rêts de classe. À ce titre nous défen­dons sans réserve l’é­du­ca­tion prio­ri­taire, pour que les moyens soient diri­gés au maxi­mum vers celles et ceux qui ont le moins.

Politique de développement syndical (mis à jour en 2025)

SUD édu­ca­tion 44 a vu son nombre d’adhérent-es for­te­ment mul­ti­plié entre 2021 et 2025 pas­sant de 138 à 300 adhérent-es. À cette forte aug­men­ta­tion s’a­joute la repré­sen­ta­ti­vité re-gagnée au niveau minis­té­riel et au niveau local. On peut attri­buer ces résul­tats à plu­sieurs actions mises en œuvre durant ces der­nières années : notre par­ti­ci­pa­tion active aux luttes sec­to­rielles et inter­pro­fes­sion­nelles, l’ac­com­pa­gne­ment syn­di­cal de nos col­lègues, l’or­ga­ni­sa­tion régu­lière de stages, de réunions d’in­for­ma­tion syn­di­cale (RIS) et d’heures men­suelles d’in­for­ma­tion syn­di­cale (HMI) et notre pré­sence sur les réseaux sociaux ainsi que notre visi­bi­lité dans les médias.

Ce chan­ge­ment d’é­chelle de notre syn­di­cat faci­lite l’é­ta­blis­se­ment d’un rap­port de force lors des mobi­li­sa­tions, mais il nous oblige aussi à repen­ser nos stra­té­gies syn­di­cales face à de nou­velles contraintes.

1) Dans les écoles et les établissements

Le déve­lop­pe­ment syn­di­cal se fait avant tout sur le ter­rain au quo­ti­dien, sur son lieu de tra­vail (écoles, éta­blis­se­ments et uni­ver­si­tés). Cela passe par des échanges avec les col­lègues, notre pré­sence aux ins­tances déci­sion­nelles ou consul­ta­tives au niveau des éta­blis­se­ments, du dépar­te­ment et de l’académie, l’organisation de réunions d’information syn­di­cale (RIS et HMI) ainsi que l’affichage syn­di­cal. Pour étayer notre pré­sence sur le ter­ri­toire, les déchargé·es sys­té­ma­tisent les visites d’é­ta­blis­se­ments pour SUD édu­ca­tion 44 en se fixant plu­sieurs tour­nées d’é­ta­blis­se­ments par période et en don­nant aux adhérent·e·s les moyens de s’y joindre.

Afin d’é­lar­gir notre pré­sence au-delà des seuls sec­teurs géo­gra­phiques de la métro­pole de Nantes et de Saint-Nazaire, SUD édu­ca­tion 44 se ren­dra sur les lieux signa­lés par des col­lègues en dif­fi­cul­tés et/ou fai­sant l’ob­jet d’une poten­tielle mesure de fer­me­tures (classe, options d’en­sei­gne­ment, chan­ge­ment de label, sor­tie de zone prio­ri­taire…). Au delà des lieux signa­lés, notre syn­di­cat doit cou­vrir l’ensemble du dépar­te­ment en réa­li­sant des tour­nées dans des éta­blis­se­ments éloi­gnés de Nantes et Saint-Nazaire et en délo­ca­li­sant des AG jour­nées, afin de per­mettre à des adhérent‧es éloigné‧es de par­ti­ci­per à la vie démo­cra­tique du syndicat.

Notre implan­ta­tion doit éga­le­ment dépas­ser la seule notion de maillage ter­ri­to­rial pour embras­ser l’en­semble des caté­go­ries d’agent-es de l’Éducation Nationale et de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche. Pour ce faire, SUD édu­ca­tion 44 s’ef­for­cera d’a­voir des militant-es déchargé-es dans la plu­ra­lité des per­son­nels exis­tants dans l’éducation afin que chacun‑e d’entre elleux par­ti­cipent acti­ve­ment au déve­lop­pe­ment de leurs sec­teurs catégoriels.

C’est l’action qui recrute : les outils numé­riques et la visi­bi­lité média­tique ne rem­placent pas le lien mili­tant essen­tiel dans notre déve­lop­pe­ment syn­di­cal. À défaut, notre visi­bi­lité sur les lieux de tra­vail doit res­ter une priorité.

Bien qu’obligatoire, nous avons constaté que cer­tains pan­neaux d’in­for­ma­tions syn­di­cales ont dis­paru des écoles et éta­blis­se­ments. SUD édu­ca­tion 44 s’engage à signa­ler à qui de droit tout man­que­ment à cette obli­ga­tion et à relayer via la lettre hebdo et les AG le maté­riel per­met­tant aux adhérent‧es de tenir à jour le pan­neau de leur éta­blis­se­ment. Pour les lieux de tra­vail éloi­gnés du local nan­tais, le syn­di­cat per­met le rou­tage de maté­riel mili­tant à des cama­rades identifié‧es dans les établissements.

2) Favoriser syn­di­ca­le­ment l’in­clu­sion des per­son­nels en contrats précaires

L’Éducation Natio­nale et l’enseignement supé­rieur fonc­tionnent de plus en plus avec des contractuel·le·s en contrat pré­caire : CDD, bas salaire, absence de pos­si­bi­li­tés de titu­la­ri­sa­tion. Le turn-over de leurs mis­sions, le faible rap­port de force qu’iels entre­tiennent avec leur hié­rar­chie (peur de non renou­vel­le­ment) et des autres agent-es (manque de consi­dé­ra­tion, cor­po­ra­tisme) rendent dif­fi­cile la syn­di­ca­li­sa­tion de ces personnels.

Pour per­mettre à ces agent-es de rejoindre notre syn­di­ca­lisme et de s’in­ves­tir dans notre orga­ni­sa­tion, SUD édu­ca­tion 44 s’empare de l’en­semble des reven­di­ca­tions y com­pris celles des per­son­nels pré­caires et com­mu­nique de façon à mobi­li­ser sur ces ques­tions au-delà de cette seule caté­go­rie d’agent-es.

Lors des jour­nées de grève, SUD édu­ca­tion 44 veille à prendre en compte la pré­ca­rité de ces per­son­nels dans les moda­li­tés d’in­dem­ni­tés de rem­bour­se­ment des jours de grève. Également, le syn­di­cat orga­nise des for­ma­tions spé­ci­fiques qui leur sont des­ti­nées et inves­tit des élu‧es dans les ins­tances dédiées à ces per­son­nels précaires.

3) La formation

Les stages orga­ni­sés par notre syn­di­cat repré­sentent une voie de déve­lop­pe­ment pri­vi­lé­giée. Il existe deux types de for­ma­tions à SUD édu­ca­tion : les for­ma­tions à des­ti­na­tion interne et celles ouvertes aux col­lègues exté­rieurs au syn­di­cat. À des­ti­na­tion interne, ces for­ma­tions doivent per­mettent aux cama­rades de gagner en com­pé­tences, afin de pou­voir défendre nos valeurs et l’amélioration de nos condi­tions de tra­vail au sein de leur éta­blis­se­ment et de l’équipe exé­cu­tive. Pour assu­rer notre déve­lop­pe­ment syn­di­cal, l’équipe exé­cu­tive doit avoir à sa dis­po­si­tion des outils effi­caces. Pour cela, le recours aux for­ma­tions fédé­rales et inter­pro­fes­sion­nelles est pré­cieux. Les for­ma­tions ouvertes aux col­lègues exté­rieurs au syn­di­cat per­mettent à la fois de faire connaître notre iden­tité syn­di­cale, de faire se ren­con­trer plu­sieurs caté­go­ries de per­son­nels et de dif­fu­ser nos principes.

SUD édu­ca­tion 44 est atta­ché à décli­ner les for­ma­tions en y incluant un maxi­mum de pra­tiques et d’ou­tils rele­vant de l’é­du­ca­tion populaire.

Afin d’ouvrir ces stages au plus grand nombre et de per­mettre une plu­ra­lité de points de vue et d’expériences, des liens avec d’autres syn­di­cats SUD édu­ca­tion de l’académie peuvent être déve­lop­pés et des stages ouverts mutua­li­sés sur des thé­ma­tiques par­ti­cu­lières peuvent être orga­ni­sés. SUD édu­ca­tion 44 veille à orga­ni­ser des stages par­ti­cu­liè­re­ment à des­ti­na­tion de caté­go­ries spé­ci­fiques de personnels.

Nous cher­chons à déve­lop­per notre implan­ta­tion dans l’Union Solidaires et ses for­ma­tions. Nous nous atta­chons à ouvrir cer­tains de nos stages à l’in­ter­pro afin de mutua­li­ser nos pra­tiques et de créer des outils com­muns. Nous inves­tis­sons le Conseil dépar­te­men­tal de l’Union locale et la com­mis­sion Fonction publique du 44. Nous encou­ra­geons nos adhérent·es et nos déchargé·es à s’inscrire aux for­ma­tions interpro.

4)Les élec­tions professionnelles

Il est déci­sif de conser­ver les sièges gagnés en 2022 – voire d’en gagner de nou­veaux – lors des élec­tions pro­fes­sion­nelles de 2026. Notre pré­sence en ins­tance ren­force notre poids face à l’ad­mi­nis­tra­tion, per­met une meilleure visi­bi­lité auprès de nos col­lègues et nous per­met d’ac­cé­der à des infor­ma­tions impor­tantes dans la construc­tion de rap­ports de force. Ces élec­tions ne sont pas une fin en soi, mais il s’a­git bien d’ob­te­nir des moyens cru­ciaux pour notre avenir.

5)Adapter nos outils démocratiques

Construire l’élargissement de notre base mili­tante et viser l’adhésion d’une majo­rité de col­lègues à nos valeurs est une voie néces­saire à la construc­tion d’un rap­port de force effi­cace et à la trans­for­ma­tion du ser­vice public de l’Éducation Nationale, de l’Enseignement supé­rieur et de la Recherche. Pour autant, cela ques­tionne notre fonc­tion­ne­ment interne et les limites de nos outils en terme de vie démo­cra­tique. Ce déve­lop­pe­ment nous oblige à repen­ser le rôle et l’organisation de notre syn­di­cat. La mas­si­fi­ca­tion doit se faire dans une pers­pec­tive auto­ges­tion­naire et sur la base de nos valeurs. SUD édu­ca­tion 44 est un outil de lutte où cha­cun et cha­cune doit pou­voir trou­ver sa place et s’impliquer.

SUD éducation 44, un syndicat antisexiste (Texte de 2021)

Syndicat de lutte et de trans­for­ma­tion sociale, SUD édu­ca­tion 44 affirme sa déter­mi­na­tion à lut­ter contre toutes formes de domi­na­tion, notam­ment celle du sys­tème patriar­cal, sexiste et hété­ro­normé. Dans ce cadre, nous défen­dons tous les per­son­nels, quelles que soient leur iden­tité de genre et/ou leur orien­ta­tion sexuelle.

Nous fai­sons le constat de l’oppression que notre société capi­ta­liste et patriar­cale impose aux femmes. Nous sommes réso­lu­ment engagé·e·s dans les luttes fémi­nistes qui se jouent actuel­le­ment. De ce fait, nous com­bat­tons toutes les dis­cri­mi­na­tions sexistes et LGBTQIA+phobes.

Le fémi­nisme dans lequel nous nous recon­nais­sons est inter­sec­tion­nel : il com­bat toutes les formes d’oppression (racisme, gros­so­pho­bie, vali­disme, clas­sisme…) et défend d’autres modèles que ceux que la société actuelle nous propose.

1. Au sein des éta­blis­se­ments scolaires

Nous fai­sons le constat que la construc­tion de l’i­den­tité de genre se fait notam­ment à l’é­cole. En tant que professionnel·le·s de l’éducation, nous avons donc un rôle à jouer et un ques­tion­ne­ment à mener sur notre res­pon­sa­bi­lité quant aux valeurs que nous véhi­cu­lons sur notre lieu de travail.

SUD édu­ca­tion 44 reven­dique une décons­truc­tion des sté­réo­types de genre, en pra­ti­quant une veille constante sur nos pra­tiques en classe. Cela com­prend aussi bien nos choix péda­go­giques (séquences d’enseignement, appren­tis­sage non sexiste de la gram­maire, choix d’autrices et de per­son­na­li­tés fémi­nines, autant d’éléments qui doivent être ins­crits en amont dans les pro­grammes sco­laires) que ce qui construit la vie de la classe (inter­ac­tions avec les élèves, avec les familles et les col­lègues, valo­ri­sa­tion de la parole de chacun·e…).

Nous mili­tons pour que chacun·e trouve sa place dans l’espace public des éta­blis­se­ments sco­laires, notam­ment lors des récréa­tions. Il nous semble inad­mis­sible qu’un·e élève se sente en insé­cu­rité lors de ce temps sup­posé agréable.

Nous reven­di­quons, de la mater­nelle à l’université, l’accès à une édu­ca­tion à la sexua­lité, visant à expli­ci­ter le consen­te­ment, décons­truire les sté­réo­types de genre et les normes hété­ro­sexuelles. Il nous semble essen­tiel de valo­ri­ser une édu­ca­tion basée sur le res­pect du corps des autres, l’appropriation et l’acceptation de son propre corps. Enfin, nous lut­tons pour avoir une for­ma­tion ini­tiale et conti­nue nous per­met­tant de mettre en place cette édu­ca­tion anti­sexiste sereinement.

2. Au sein du syndicat

a) En tant que syndicalistes

SUD édu­ca­tion 44 s’engage à défendre syn­di­ca­le­ment les per­son­nels dis­cri­mi­nés sur leur lieu de tra­vail en rai­son de leur orien­ta­tion sexuelle ou leur iden­tité de genre. Nous com­bat­tons fer­me­ment toute forme de vio­lence sexiste et sexuelle au travail.

Par l’intermédiaire de lec­tures mili­tantes et de stages (notam­ment celui qui est orga­nisé annuel­le­ment par la com­mis­sion anti­sexiste de la fédé­ra­tion ou encore celui de Solidaires 44), nous nous for­mons régu­liè­re­ment aux pra­tiques fémi­nistes et res­tons attentif·ve·s aux actua­li­tés sur ce sujet. Cela nous per­met notam­ment de nous for­mer à accueillir la parole des vic­times et à les accom­pa­gner syndicalement.

Par ailleurs, nous uti­li­sons et relayons (dans nos éta­blis­se­ments et auprès de nos col­lègues) le maté­riel mili­tant pro­posé par la com­mis­sion anti­sexiste et LGBTQIA+ de la fédé­ra­tion SUD édu­ca­tion, et nous nous inves­tis­sons en son sein.

b) En tant qu’adhérent·e·s

Nous avons conscience que les méca­nismes de domi­na­tion patriar­cale sont une entrave à l’investissement des femmes dans la vie syn­di­cale. C’est la rai­son pour laquelle SUD édu­ca­tion 44 veille à favo­ri­ser l’implication des femmes dans son syndicat.

Pour cela, SUD édu­ca­tion 44 met en place une orga­ni­sa­tion interne qui per­met le rem­bour­se­ment des frais de baby-sitting à hau­teur de dix euros par heure (cf. sta­tuts), qui encou­rage la parole des femmes au sein des AG (notam­ment via le recours à la liste dite « cana­dienne ») et qui uti­lise sys­té­ma­ti­que­ment l’écriture inclu­sive. Par ailleurs, nous nous mon­trons vigilant·e·s quant aux horaires des dif­fé­rentes réunions et assem­blées géné­rales. Nous devons éga­le­ment repré­sen­ter la forte fémi­ni­sa­tion de notre milieu pro­fes­sion­nel lors de la dési­gna­tion des tri­bunes d’AG, des dif­fé­rentes délé­ga­tions et des divers·e·s mandaté·e·s (notam­ment les per­son­nels déchargés)

SUD édu­ca­tion 44 condamne fer­me­ment tous les pro­pos, actes et agres­sions sexistes et LGBTQIA+phobes, y com­pris sous cou­vert d’humour et dans la sphère pri­vée. Nous veille­rons, si cela arri­vait au sein du syn­di­cat, à ce que les sanc­tions pré­vues aux articles 6 et 7 du règle­ment inté­rieur s’appliquent.

De plus, nous avons recours à la non-mixité choi­sie pour lut­ter contre le sys­tème de domi­na­tion patriar­cale. Il s’agit d’un outil per­met­tant aux per­sonnes oppri­mées de se réunir sans leurs oppres­seurs. C’est un moyen de construire les luttes fémi­nistes, de s’organiser entre per­sonnes concer­nées et de s’auto-émanciper. Sans les consi­dé­rer comme une fin en soi, nous sommes convaincu·e·s que nous avons besoin de ces espaces où la parole est libé­rée, pour ensuite se sen­tir plus outillé·e·s et plus confiant·e·s dans les groupes mixtes. SUD édu­ca­tion 44 peut donc être amené à orga­ni­ser des ate­liers en non-mixité choi­sie selon les envies et pro­po­si­tions des adhérent·e·s.

Enfin, nous pou­vons pro­po­ser de sou­te­nir divers.es col­lec­tifs ou asso­cia­tions fémi­nistes. SUD édu­ca­tion 44 peut éga­le­ment s’associer à cer­tains évè­ne­ments fémi­nistes, après déci­sions d’AG.

c) Au sein de Solidaires 44

SUD édu­ca­tion 44, dans le cadre de son inves­tis­se­ment au sein de l’interprofessionnelle Solidaires 44, appelle à par­ti­ci­per et à s’approprier dif­fé­rents temps forts des luttes féministes :

• la grève des femmes le 8 mars, lors de la jour­née inter­na­tio­nale de luttes pour les droits des femmes, et la par­ti­ci­pa­tion à une mani­fes­ta­tion aussi uni­taire que possible ;

• la marche des fier­tés au mois de juin, qui rap­pelle l’importance des luttes LGBTQIA+ ;

• la jour­née inter­na­tio­nale contre les vio­lences sexistes et sexuelles le 25 novembre.

Par ailleurs, SUD édu­ca­tion 44 s’investit dans la com­mis­sion « Sorcières soli­daires 44 ».