Un syndicat écologiste (2025)
Le monde tel que nous le connaissons est actuellement en train de se transformer en raison des impacts de l’activité humaine sur son environnement. Le changement climatique intensifie les vagues de chaleur et transforme nos lieux de travail et nos temps de trajet en véritables défis thermiques. Les répercussions sont graves sur la santé et l’apprentissage des élèves et sur nos conditions de travail. Les températures extrêmes nous exposent directement aux risques sanitaires. La gestion de ces épisodes extrêmes entraîne des difficultés majeures dans notre organisation professionnelle.
Au delà du réchauffement climatique, qui en est la conséquence la plus médiatique, on constate une dégradation rapide et généralisée des conditions qui ont permis le développement et le maintien de la vie sur Terre. Entre 2022 et 2025 ce sont déjà sept des neuf limites planétaires qui ont été dépassées. Le monde dans lequel nous vivons est soumis à des événements climatiques (tempêtes, inondations, feux) dont la fréquence et l’intensité augmentent.
Nos sociétés occidentales sont les principales responsables de ce désastre. Plus un pays s’accapare de richesses, plus il nuit à la biosphère. Et au sein de chaque pays, ce sont les classes les plus aisées qui ont les comportements les plus nuisibles. Face à cette situation, SUD éducation 44 doit avoir un rôle actif dans la protection du vivant et la défense des conditions de travail et d’apprentissage non seulement supportables mais également confortables pour les personnels et les élèves. Cette action doit passer par le soutien et l’accompagnement aux actions des collègues pour faire valoir leur droit à la protection notamment contre les risques thermiques (RSST, droit de retrait et droit d’alerte, etc) par notre engagement au sein de la F3SCT qui examine les conditions de travail.
1) Donnons-nous un avenir humain
Pour construire un futur vivable, sain et désirable, nous devons nous engager dans deux directions qui, au-delà des petits gestes, permettent une transformation structurelle de la société.
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La première est la lutte contre le capitalisme par la lutte syndicale et la promotion d’un autre modèle de société plus sobre et qui ne soit pas basé sur une consommation de masse.
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La deuxième est l’adaptation aux changements, ceux déjà présents et ceux à venir, en favorisant la coopération, l’équité et le lien social à la place de la compétition, du chacun pour soi et du solutionnisme technologique.
Articuler ces deux directions nécessite une transformation profonde de l’école, une transformation que SUD éducation 44 doit promouvoir dans son action syndicale.
2) Changer l’école
Par la pédagogie :
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Mettre en place, sans attendre, pour tous les degrés, dans toutes les matières, des contenus d’enseignements qui permettent aux élèves et étudiant·es de comprendre les mécanismes de la crise environnementale en cours et les moyens d’agir dessus.
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Lutter pour la prise en compte, dans les programmes scolaires et dans les formations professionnalisantes, des enjeux écologiques par une étude des impacts locaux du capitalisme et des réflexions permettant une transformation écologique et son accompagnement social.
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Développer des pédagogies émancipatrices dans lesquelles les élèves participent aux prises de décision sur leur environnement et, développent des projets concrets où des liens sont tissés avec leur environnement et s’approprient leurs modalités d’apprentissages.
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En intégrant dans la formation initiale et continue des enseignant-es des formations sur les causes et enjeux systémiques de l’écologie, ainsi que sur leur mise en place dans tous les apprentissages.
Par le bâti :
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Exiger la mise en place d’un plan de rénovation / reconstruction du bâti scolaire pour la réduction des consommations en eau et en énergie, ainsi que la production d’énergies renouvelables sur site.
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Informer les usager-es et personnels par la systématisation des diagnostics énergétiques, la présence de détecteurs de pollution et de capteurs de qualité de l’air ainsi que la transparence totale sur les risques environnementaux (tout particulièrement sur la présence d’amiante).
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La prise en compte de ces risques par les formations spécialisées (auparavant CHSCT) et notamment une campagne de désamiantage des établissements scolaires dans le cadre de l’application du Plan amiante relancé en 2016 ; une prise en charge des personnels exposés
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Améliorer l’environnement de travail par l’instauration de températures minimales et maximales de travail, favoriser la végétalisation des espaces extérieurs qui doivent être accessibles en-dehors du temps scolaire à la population.
Par les cantines scolaires :
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Exigeons la mise en place d’une restauration de qualité respectueuse du vivant et de notre milieu par la mise en place de repas végétariens quotidiens et l’utilisation de produits locaux et biologiques sans hausse du prix du repas pour les familles.
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En rendant le service de restauration scolaire gratuit pour toustes.
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Le tout préparé dans des cantines sur site, par des agent·es fonctionnaires formé·es en nombres suffisant afin d’investir les cuisines dans la continuité des enseignements comme espace cardinal du soin : soin de la santé globale, du soin à l’autre et du soin à soi.
Par les transports :
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Permettre des déplacements décarbonés par le développement des transports en commun, des voies piétons et cyclistes en ville comme à la compagne ainsi que l’aménagement des espaces publiques pour favoriser leurs présences.
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Inciter financièrement l’utilisation de ces mobilités écologiques et instaurer la gratuité des transports en commun, y compris scolaires.
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Diminuer la longueur des déplacements des personnels par l’augmentation massive des places aux concours et le recrutement massif de remplaçant·es.
Par la reprise de contrôle du numérique :
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Avant toute chose, sortir du tout numérique pour mettre en place un usage réfléchi et sobre de l’outil informatique afin de répondre uniquement aux besoins pédagogiques des personnels et des élèves/étudiant·es.
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Les outils numériques utilisés pour l’enseignement ou le militantisme, notamment l’usage de l’Intelligence Artificielle générative, doivent être débattus et passer au filtre de nos valeurs syndicales fondamentales. Notamment, nous savons les impacts écologiques, éthiques et humains auxquels les consommations liées à ces usages concourent. Pour les outils dont les moyens de respecter ces exigences ne sont pas assurés, il faut les refuser dans notre usage syndical.
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Ensuite, utiliser des systèmes d’exploitation et de logiciels économes en énergie et à longue durée de vie sur l’ensemble des parcs informatiques, en favorisant les logiciels libres. Abandonner les partenariats du monde de l’éducation avec les GAFAM.
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Enfin, recruter des personnels titulaires formés à l’entretien et la maintenance des outils informatiques, organiser la mise en place de la collecte et du tri des déchets numériques.
Par une école ouverte…
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L’écologie ne doit pas se limiter au seul champ scolaire. Ainsi, nous devons promouvoir le lien avec des acteurs extérieurs (Collectivités, associations, ONG…). Cela permet d’ancrer localement les luttes et ainsi rapprocher les besoins des usager·es.
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En favorisant le décloisonnement des apprentissages. L’école n’est pas le seul lieu d’apprentissages possible, l’expérience est nécessaire au développement d’une conscience de classe écologiste.
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En cas de plan Orsec ou de conditions météorologiques exceptionnelles rendant difficiles l’accueil, le travail et l’apprentissage, SUD éducation 44 porte, avec le concours si possible de l’intersyndicale, auprès de l’administration et des collectivités territoriales, des mesures concrètes et immédiates (dispositif de rafraîchissement, aménagement des horaires…) pouvant aller jusqu’à la demande de fermeture des structures si la situation l’exige.
3) Changer la société
Au-delà de l’école, notre syndicalisme doit s’inscrire dans une dynamique de transformation sociale globale. C’est pourquoi SUD éducation 44 doit inscrire son action aux côtés d’organisations et collectifs de défense du vivant, de partage des connaissances et de la reprise des savoirs, que ce soit au niveau local ou national.
Portons une parole critique sur le techno-solutionnisme alimentée par les savoirs issus de toutes les disciplines et véhiculée dans des contextes d’apprentissages multiples.
Dans nos luttes et dans nos prises de parole, nous mettons en avant les enjeux écologiques qui dépassent le seul cadre de l’école, car il est illusoire de croire que les enjeux de la société ne la concernent pas. Une transformation globale de la société est nécessaire, et nos positionnements doivent réclamer plus de sobriété, l’abandon des énergies fossiles, la sortie du nucléaire, la fin des grands projets inutiles imposés et climaticides, une véritable fiscalité écologique, une révolution dans les transports et le logement, la diminution du temps de travail, le développement économique local ou encore la disparition de l’exploitation animale.
Fonctionnement interne (2025)
Entre 2021 et 2025, le nombre d’adhérent·es à SUD éducation 44 a doublé. Notre syndicat occupe une place désormais centrale dans le paysage militant local. Face à cette nouvelle conjoncture et pour continuer à se développer, notre syndicat doit nécessairement repenser son fonctionnement interne afin de concilier l’efficacité militante et nos exigences autogestionnaires et inclusives. C’est l’objet de ce texte qui vise à garantir un cadre permettant de faire vivre la démocratie directe de manière efficiente au sein de notre syndicat.
1) Faire vivre la démocratie au sein de SUD éducation 44…
Dans le fonctionnement interne de SUD éducation 44, chaque adhérent·e, sans hiérarchie de place et d’implication, prend part aux décisions concernant la vie du syndicat et les revendications de notre secteur. Cette ambition se matérialise lors des assemblées générales (AG), espaces d’auto-organisation et pierres angulaires de la vie démocratique du syndicat. Seules instances décisionnaires, elles sont l’occasion pour tous·tes les adhérent·es qui le souhaitent de s’exprimer, de débattre, de participer à la prise de décisions et de réfléchir à leur mise en œuvre.
Pour les décisions prises en AG, le consensus est systématiquement visé. C’est une prise de décision collective qui vise à obtenir un accord général plutôt qu’un vote majoritaire. Il fonctionne grâce à la recherche d’un accord commun (et non d’un simple compromis), par le dialogue et l’écoute. Pour donner du sens à ce consensus, le syndicat s’efforce de sanctuariser des temps de débat sans prise de décision, dans ou en-dehors des AG.
L’équipe des déchargé·es organise les AG et prépare leurs ordres du jour en fonction des enjeux d’actualité et de vie interne. Les adhérent·es peuvent apporter des modifications à l’ordre du jour avant l’AG et au début de celle-ci. L’équipe de déchargé·es se charge de l’application concrète des décisions d’AG. De manière à ce que le plus grand nombre d’adhérent·es puisse participer à ces tâches collectives et profiter de cette occasion pour acquérir de nouvelles compétences, nous veillons à la limitation des mandats dans le temps et à leur rotation.
Pour garantir la démocratie au sein du syndicat, les informations et les documents concernant l’actualité et la vie interne du syndicat sont transmises de la manière la plus accessible possible à tous·tes.
2)… En construisant un syndicat inclusif où chacun·e est légitime…
Les AG sont une porte d’entrée pour s’investir au sein du syndicat. Pourtant, nous avons conscience que ce sont des instances techniques et parfois difficilement accessibles. Leur organisation doit donc permettre à chaque adhérent·e volontaire d’être présent·e en AG, de comprendre l’enjeu des débats et d’y prendre part.
Les outils pour garantir la participation du plus grand nombre de personnes sont détaillés dans le règlement intérieur. Le syndicat doit veiller à limiter au maximum ce qui entrave la participation des adhérent·es à ces assemblées générales.
Le règlement intérieur développe également les modalités d’organisation des AG afin de garantir la circulation de la parole lors de débats entre camarades. Ces outils permettent de quantifier la répartition de la parole et de remédier aux déséquilibres le cas échéant (déséquilibres de genre, d’âge, de statut professionnel, de décharge…) car les AG sont des espaces de discussion politiques et non inter-personnelles.
Nous avons toutefois conscience que ces modalités ne suffisent pas pour permettre à chacun·e de se sentir légitime dans l’expression de ses idées. Pour garantir la vie démocratique du syndicat, nous devons également porter une attention collective aux enjeux de pouvoir qui s’immiscent parfois dans les temps de débat. Pour donner du sens aux débats en AG et les rendre plus compréhensibles, nous nous efforçons d’articuler les points concernant les instances ou les mandats du syndicat avec les points traitant de mobilisations et d’enjeux politiques. Pour cela, nous veillons à :
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des prises de parole réfléchies évitant les discours oppressifs et les postures de domination (langue macho).
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la représentation de tous les métiers de l’éducation dans les points mis à l’ordre jour ;
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l’utilisation d’un langage clair et explicite quant aux sigles et acronymes ;
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l’équilibre des prises de parole entre personnes déchargé·es et non déchargé·es lors des temps de débat ;
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l’organisation d’un temps dédié à l’accueil des nouveaux·elles adhérent·es en début d’AG ;
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l’application de mesures face à tout propos et agissement discriminatoire.
En réussissant à construire l’inclusivité des AG, nous tendons à en faire des espaces de co-formation pour que chacun·e bâtisse sa propre culture syndicale et saisisse au mieux les enjeux qui traversent notre syndicat. Cela doit aussi permettre à celui·celle qui le souhaite de prendre des responsabilités diverses, un mandat dans les instances ou une mission de décharge, et d’y être accompagné·e.
3)… dans une optique d’efficacité syndicale
SUD éducation 44 est un syndicat de lutte et de transformation sociale (vers l’égalité et l’émancipation). Ces objectifs doivent guider l’ensemble de notre action et organiser les outils que nous mobilisons.
Nous pratiquons un syndicalisme de terrain, au plus près de nos lieux de travail. Nous participons aux luttes organisés localement et faisons régulièrement des tournées d’établissement pour informer nos collègues et échanger avec eux.
Nous nous efforçons de prioriser nos actions pour suivre l’actualité des mobilisations, tout en veillant à ne pas délaisser l’accompagnement des collègues, et à conserver un fonctionnement démocratique.
Nous considérons les instances comme des espaces visant à construire des rapports de force face à l’administration. Il est nécessaire de mesurer notre degré d’investissement au sein de ces instances au regard de ce que nous pouvons y gagner. SUD éducation 44 tend à siéger à toutes les instances officielles, en priorisant les instances traitant des conditions de travail. Notre syndicat ne perd pas de vue que l’administration confisque un temps militant précieux en multipliant les groupes de travail. Notre participation à ces groupes n’y est de ce fait pas systématique.
Une équipe exécutive peut se réunir pour mettre en œuvre les décisions d’AG. Celle-ci se compose des déchargé·es, des adhérent·es souhaitant s’engager plus avant dans le militantisme au sein de notre syndicat et des siégeant·es ou détenteur·ices d’un mandat au nom du syndicat. Chaque adhérent·e doit pouvoir s’investir dans le syndicat en fonction de ses compétences et appétences particulières.
Pour une école réellement inclusive
(2025)
1) Introduction et constats dans le 44
L’inclusion est devenue un enjeu pour toutes les écoles et établissements scolaires. Elle est souvent vécue difficilement par les collègues qui se heurtent au manque de moyens donnés par l’institution. Ce manque entraîne des situations de souffrance pour les élèves et les personnels en situation de handicap, les élèves allophones et les élèves en situation de précarité.
Dans le 44, en 2021, 80% des enfants en situation de handicap sont scolarisé·es en milieu ordinaire. En 2021, 1650 enfants en situation de handicap sont scolarisé·es dans des unités d’enseignement des établissements médico-sociaux ou des établissements hospitaliers, soit 19% du total.
Les élèves en situation de handicap et scolarisé·es en milieu ordinaire ne bénéficient pas de l’ensemble des heures d’accompagnement auxquelles iels ont le droit. Avec la mutualisation, la diversité et la totalité de leurs besoins à tou·te·s ne sont plus considérées pour recruter en conséquence les AESH. Au lieu de cela les PIALs attribuent désormais les AESH prioritairement aux rares élèves ayant des notifications individualisées avec un nombre d’heures à respecter, puis ils partagent les maigres moyens humains restant entre leurs élèves de plus en plus nombreux·ses ayant des notifications MDPH mutualisées sans précision d’heures.
L’inclusion scolaire est loin d’être une réalité pour toustes. Malgré la présence de 1696 élèves allophones, le délai moyen de 53 jours pour intégrer un dispositif est inacceptable. Ces élèves ne bénéficient pas toujours des heures d’accompagnement auxquelles iels ont droit. Enfin, la situation des élèves en situation de précarité, dont certain·es sans toit, doit être prise en compte. SUD éducation 44 milite pour que chaque élève ait accès à un logement et à une éducation inclusive.
À SUD éducation 44, on affirme qu’il existe une voie pour une école réellement inclusive, une école ouverte à tout·es, qui respecte les conditions de travail des personnels et les conditions d’accueil des élèves.
2) Revendications concrètes et immédiates
SUD éducation 44 cherche à s’emparer du combat antivalidiste (lutte contre l’oppression qui s’exerce sur les personnes en situation de handicap) dans ses valeurs et ses luttes. Nous revendiquons :
Pour les élèves :
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Le respect des heures d’accompagnement pour les élèves notifié·es.
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La création de postes d’assistant·es sociaux, d’infirmier·es et de médecin·es scolaires en nombre suffisant.
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Le recrutement d’AESH sous un réel statut afin de pérenniser l’accompagnement.
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Le respect systématique de la double inscription dans les dispositifs et les classes d’origine, tout en baissant les effectifs par classe.
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La reconnaissance par les collectivités des élèves scolarisé-es en EMS en finançant les aides à hauteur des besoins réels.
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Un renforcement des réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté (RASED) existants et des créations de tels réseaux là où ils manquent.
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Un renforcement des dispositifs d’inclusion à hauteur des besoins (unités localisées pour l’inclusion scolaire (ULIS), unités pédagogiques pour élèves allophones arrivants (UPE2A), unités d’enseignement maternelle autisme (UEMA)…)
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La possibilité d’obtenir des temps de travail commun entre enseignant.e.s et personnels médico-sociaux, incluant les familles au besoin.
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Pour les personnels
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Des espaces et outils adaptés afin d’accueillir l’ensemble des usager·es en situation de handicap. Cela passe notamment par un accompagnement des personnels ayant une RQTH afin de faire valoir leurs droits.
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Une véritable formation initiale et continue adaptée aux différents handicaps rencontrés dans les écoles qui ne saurait pallier un manque de moyens octroyé par l’institution.
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Pour les AESH :
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Un véritable statut de fonctionnaire afin de reconnaître leur rôle éducatif.
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Un salaire minimum de 1870€ nets à l’entrée dans le métier, ainsi que l’accès aux mêmes primes, indemnités et pondérations que les titulaires, quelle que soit la durée du contrat, pour garantir une rémunération juste et équitable.
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Un temps de travail de 24h maximum d’accompagnement direct, pour un temps plein, le reste du temps étant dédié aux tâches administratives, à la préparation des séances, au suivi des élèves, à la coordination avec les équipes éducatives et à la formation continue.
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La fin des temps partiels subis.
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L’arrêt des PIAL (Pôles Inclusifs d’Accompagnement Localisés).
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La fin des Pôles d’Appui à la Scolarité (PAS) : les écoles et établissements ont besoin d’équipe pluridisciplinaires sur le terrain, à même d’intervenir directement auprès des élèves, et non d’aide externalisée ou de strates administratives supplémentaires.
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Une limitation des affectations à deux établissements maximum pour chaque AESH, afin de garantir une meilleure cohérence et une meilleure organisation du travail.
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Une formation continue des AESH adaptée aux besoins formulés par celleux-ci.
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3) Notre école idéale
Syndicat de transformation sociale, SUD Éducation 44 lutte pour une société égalitaire, inclusive et autogérée. Nous cherchons à abolir les hiérarchies sociales et les dominations pour que chacun·e puisse s’émanciper dans le partage des tâches et le partage des richesses. Puisque la transformation de la société est fortement corrélée à celle de l’école et que l’école telle qu’elle est pensée aujourd’hui ne permettra jamais une véritable inclusion, il est nécessaire d’imaginer une autre organisation de l’école : une école autogérée, émancipatrice, libératrice, ouverte à toutes et tous, un service public qui crée du commun face aux logiques individualistes.
Cette nouvelle école de la maternelle au lycée, obligatoire jusqu’à 18 ans, sera unique. Elle impliquera donc la suppression des structures ségrégatives, dont les équipes pédagogiques et médico-sociales seront intégrées aux écoles. Les locaux seront réfléchis et adaptés pour répondre à tous les besoins des élèves et des personnels et seront ouverts sur la nature et le monde. Ils pourront permettre la mise en pratique d’apprentissages repensés pour se dégager des injonctions performatives et du système individualiste actuel. On y enseignera des notions manuelles non-genrées et des apprentissages techniques et artistiques. Les capacités psychosociales des élèves y seront valorisées.
Cette école reposera sur des principes de coopération et d’autogestion dans l’établissement comme dans la classe. Elle disposera de cours de récréation non genrées. Elle permettra l’intégration des responsables des élèves et du tissu associatif local et national dans le cadre scolaire pour que l’école soit directement inclue dans la société.
Enfin, la formation continue des enseignant-es sera réfléchie différemment, en fonction des véritables besoins de l’équipe éducative et à travers des systèmes de co-formation entre pairs, à l’image de cette nouvelle école.
SUD éducation 44 dans la lutte des classes (2025)
En 1871, des révolutionnaires comme Louise Michel ont fondé un projet d’école émancipatrice, laïque, gratuite et accessible à toustes. Cette demande populaire d’éducation fut écrasée dans le sang avec le reste de la Commune de Paris. Une décennie plus tard les lois Ferry instaurent bien une école laïque, gratuite et obligatoire. Cependant l’objectif n’est plus d’émanciper mais de contenir les classes dangereuses et diffuser sur le territoire un récit républicain au service d’une bourgeoisie nationaliste et colonialiste.
1)Une école classiste au service d’une société capitaliste
L’école au service de la bourgeoisie
Le système scolaire diffuse une culture légitime, parlant la langue de la bourgeoisie. L’école est ainsi une instance de reproduction sociale qui, selon les mots de Bourdieu, « transforme ceux qui héritent en ceux qui méritent ».
De plus, à travers le contournement de la carte scolaire et les subventions publiques distribuées aux écoles privées, l’école est aussi un lieu de ségrégation sociale car tout le monde ne va pas dans les mêmes établissements.
Enfin, les différentes filières d’enseignement sont elles-même ségréguées : la mixité sociale est un leurre, elle est en réalité une juxtaposition sociale qui ne permet pas une émancipation des enfants de classes populaires. Au contraire, l’école est souvent un outil de maintien de l’ordre, exerçant une forme de violence sociale envers les enfants les plus pauvres ou issus de minorités.
L’école au service du patronat
Le système scolaire a vu sa mission de tri social se renforcer en délivrant des diplômes plus ou moins rentables sur le marché du travail. Avec des procédés de sélection dont Parcoursup est l’emblème, l’école ne s’adapte pas aux besoins ni aux désirs des élèves, mais aux besoins des entreprises en termes de qualifications et de main d’œuvre servile. Ce tri social est d’autant plus violent dans les filières professionnelles, dans lesquelles se trouvent une large part d’enfants des classes populaires et où les entreprises font la loi.
L’École transmet une logique productiviste et un esprit de compétition, les élèves y sont mis en concurrence par l’évaluation et pour leur orientation. Le développement de l’apprentissage, loin d’être centré sur l’acquisition de compétences, est pensé comme l’organisation d’une exploitation précaire des étudiant·es par les entreprises et du financement de leur formation par l’état.
Les personnels d’éducation subissent l’exploitation
Dans une logique consumériste et clientéliste, le Ministère s’inquiète davantage des parents que des enseignant-es. À travers un management toxique et un encheffement toujours plus prononcé, les pratiques autoritaristes se développent.
Dans nos écoles, l’organisation du travail est pathogène et toxique. Le « Nouveau Management Public » nous impose un taylorisme éducatif où l’humain est broyé, contrôlé à outrance, et profondément aliéné par une quête absurde de productivité. Une logique qui trahit toutes nos valeurs.
Cette toxicité est l’arme du capitalisme de la maternelle à l’université. La hiérarchie en est le relais zélé, propageant une idéologie destructrice. Élèves, étudiant-es et personnels sont traité-es comme des marchandises formatées, de simples variables d’ajustement budgétaire. L’enseignement se réduit à une logique de rendement exigeant des personnels « efficaces » et « rentables ». Concurrence et performance chiffrée vident nos métiers de sens, provoquant une aliénation insupportable et mettant les personnels en danger.
Face à cette situation, les libertés pédagogiques et académiques sont en déclin, les conditions de travail ne cessent de se dégrader. L’éducation n’a pas de valeur marchande, elle n’est donc pas considérée comme « rentable » : ce n’est qu’un coût à minimiser dans le budget de l’État.
2) Quel rôle de SUD éducation 44 dans la lutte des classes ?
Pour ces raisons, nous estimons que le rôle de SUD éducation 44 est de toujours s’inscrire dans une lutte de classes plus large, dans chacune de nos actions syndicales locales. Il est possible d’agir très concrètement :
Face à la hiérarchie
Nos supérieur·es, de part leur position de pouvoir, tendent à défendre des intérêts opposés à ceux des personnels et des élèves. Les missions des Recteur·ices, DASEN, les présidences d’université et autres IEN ou IPR consistent à appliquer les politiques ministérielles qui, dans la grande majorité des cas, desservent l’École telle que nous la concevons.
Au-delà de toute considération morale (un bon ou un mauvais chef), il s’agit bien d’un antagonisme de classe. Nous devons donc porter cet antagonisme dans les instances auxquelles nous participons ou lorsque nous défendons des collègues en conflit avec leur hiérarchie qui cherche à briser les dynamiques de lutte collective. Notre syndicat peut accompagner les collègues pour réintégrer la force du nombre.
Entre collègues
Il nous appartient ainsi, partout où c’est possible, de créer des alliances avec nos collègues. Le management consiste à dresser les personnels les uns contre les autres, à les mettre en compétition. Face à cela, SUD éducation 44 s’attache à créer des solidarités entre travailleur·euses, en valorisant toute forme d’organisation collective au service de la construction d’une école émancipatrice.
Nous organisons des RIS et des HMI, soutenons les personnels en lutte, construisons des grèves ou encore appelons à des boycotts (PACTE, évaluations nationales…) pour résister ensemble aux rapports de domination.
Auprès des élèves
Il s’agit d’abord, vis-à-vis des élèves, de prendre conscience de la position que nous occupons dans l’espace social, afin de ne pas reproduire de mépris de classe envers nos élèves ou leurs familles.
Mais nous pouvons aussi, en tant que syndicat, défendre le recours à des pédagogies émancipatrices, sans hiérarchie des différentes formes de cultures, ou utiliser des outils d’éducation populaire, en particulier dans nos stages, pour donner sa légitimité à toute forme de savoir.
Cette approche pédagogique ne saurait suffire : il y a bien un enjeu à repenser l’école dans son entièreté afin de construire les conditions permettant l’épanouissement de telles pratiques pédagogiques (locaux, effectifs par classe, mixité…). C’est pourquoi SUD éducation 44 doit apporter un soutien moral, idéologique et matériel aux mobilisations des élèves et à leurs collectifs et établir un maximum de liens avec le syndicat Solidaires étudiant.e.s.
Auprès des familles
Enfin, il nous appartient de créer des alliances avec les parents d’élèves, avec qui nous partageons des intérêts communs. La défense du service public et la construction d’une école émancipatrice, pour toutes et tous, sont des revendications que nous devons nous efforcer de partager avec les familles. Ces dernières peuvent peser considérablement dans la construction de rapports de force face à la hiérarchie.
Il est important d’inclure les familles dans nos luttes et collectifs, en particulier les familles de classes populaires, afin de défendre nos intérêts de classe. À ce titre nous défendons sans réserve l’éducation prioritaire, pour que les moyens soient dirigés au maximum vers celles et ceux qui ont le moins.
Politique de développement syndical (mis à jour en 2025)
SUD éducation 44 a vu son nombre d’adhérent-es fortement multiplié entre 2021 et 2025 passant de 138 à 300 adhérent-es. À cette forte augmentation s’ajoute la représentativité re-gagnée au niveau ministériel et au niveau local. On peut attribuer ces résultats à plusieurs actions mises en œuvre durant ces dernières années : notre participation active aux luttes sectorielles et interprofessionnelles, l’accompagnement syndical de nos collègues, l’organisation régulière de stages, de réunions d’information syndicale (RIS) et d’heures mensuelles d’information syndicale (HMI) et notre présence sur les réseaux sociaux ainsi que notre visibilité dans les médias.
Ce changement d’échelle de notre syndicat facilite l’établissement d’un rapport de force lors des mobilisations, mais il nous oblige aussi à repenser nos stratégies syndicales face à de nouvelles contraintes.
1) Dans les écoles et les établissements
Le développement syndical se fait avant tout sur le terrain au quotidien, sur son lieu de travail (écoles, établissements et universités). Cela passe par des échanges avec les collègues, notre présence aux instances décisionnelles ou consultatives au niveau des établissements, du département et de l’académie, l’organisation de réunions d’information syndicale (RIS et HMI) ainsi que l’affichage syndical. Pour étayer notre présence sur le territoire, les déchargé·es systématisent les visites d’établissements pour SUD éducation 44 en se fixant plusieurs tournées d’établissements par période et en donnant aux adhérent·e·s les moyens de s’y joindre.
Afin d’élargir notre présence au-delà des seuls secteurs géographiques de la métropole de Nantes et de Saint-Nazaire, SUD éducation 44 se rendra sur les lieux signalés par des collègues en difficultés et/ou faisant l’objet d’une potentielle mesure de fermetures (classe, options d’enseignement, changement de label, sortie de zone prioritaire…). Au delà des lieux signalés, notre syndicat doit couvrir l’ensemble du département en réalisant des tournées dans des établissements éloignés de Nantes et Saint-Nazaire et en délocalisant des AG journées, afin de permettre à des adhérent‧es éloigné‧es de participer à la vie démocratique du syndicat.
Notre implantation doit également dépasser la seule notion de maillage territorial pour embrasser l’ensemble des catégories d’agent-es de l’Éducation Nationale et de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche. Pour ce faire, SUD éducation 44 s’efforcera d’avoir des militant-es déchargé-es dans la pluralité des personnels existants dans l’éducation afin que chacun‑e d’entre elleux participent activement au développement de leurs secteurs catégoriels.
C’est l’action qui recrute : les outils numériques et la visibilité médiatique ne remplacent pas le lien militant essentiel dans notre développement syndical. À défaut, notre visibilité sur les lieux de travail doit rester une priorité.
Bien qu’obligatoire, nous avons constaté que certains panneaux d’informations syndicales ont disparu des écoles et établissements. SUD éducation 44 s’engage à signaler à qui de droit tout manquement à cette obligation et à relayer via la lettre hebdo et les AG le matériel permettant aux adhérent‧es de tenir à jour le panneau de leur établissement. Pour les lieux de travail éloignés du local nantais, le syndicat permet le routage de matériel militant à des camarades identifié‧es dans les établissements.
2) Favoriser syndicalement l’inclusion des personnels en contrats précaires
L’Éducation Nationale et l’enseignement supérieur fonctionnent de plus en plus avec des contractuel·le·s en contrat précaire : CDD, bas salaire, absence de possibilités de titularisation. Le turn-over de leurs missions, le faible rapport de force qu’iels entretiennent avec leur hiérarchie (peur de non renouvellement) et des autres agent-es (manque de considération, corporatisme) rendent difficile la syndicalisation de ces personnels.
Pour permettre à ces agent-es de rejoindre notre syndicalisme et de s’investir dans notre organisation, SUD éducation 44 s’empare de l’ensemble des revendications y compris celles des personnels précaires et communique de façon à mobiliser sur ces questions au-delà de cette seule catégorie d’agent-es.
Lors des journées de grève, SUD éducation 44 veille à prendre en compte la précarité de ces personnels dans les modalités d’indemnités de remboursement des jours de grève. Également, le syndicat organise des formations spécifiques qui leur sont destinées et investit des élu‧es dans les instances dédiées à ces personnels précaires.
3) La formation
Les stages organisés par notre syndicat représentent une voie de développement privilégiée. Il existe deux types de formations à SUD éducation : les formations à destination interne et celles ouvertes aux collègues extérieurs au syndicat. À destination interne, ces formations doivent permettent aux camarades de gagner en compétences, afin de pouvoir défendre nos valeurs et l’amélioration de nos conditions de travail au sein de leur établissement et de l’équipe exécutive. Pour assurer notre développement syndical, l’équipe exécutive doit avoir à sa disposition des outils efficaces. Pour cela, le recours aux formations fédérales et interprofessionnelles est précieux. Les formations ouvertes aux collègues extérieurs au syndicat permettent à la fois de faire connaître notre identité syndicale, de faire se rencontrer plusieurs catégories de personnels et de diffuser nos principes.
SUD éducation 44 est attaché à décliner les formations en y incluant un maximum de pratiques et d’outils relevant de l’éducation populaire.
Afin d’ouvrir ces stages au plus grand nombre et de permettre une pluralité de points de vue et d’expériences, des liens avec d’autres syndicats SUD éducation de l’académie peuvent être développés et des stages ouverts mutualisés sur des thématiques particulières peuvent être organisés. SUD éducation 44 veille à organiser des stages particulièrement à destination de catégories spécifiques de personnels.
Nous cherchons à développer notre implantation dans l’Union Solidaires et ses formations. Nous nous attachons à ouvrir certains de nos stages à l’interpro afin de mutualiser nos pratiques et de créer des outils communs. Nous investissons le Conseil départemental de l’Union locale et la commission Fonction publique du 44. Nous encourageons nos adhérent·es et nos déchargé·es à s’inscrire aux formations interpro.
4)Les élections professionnelles
Il est décisif de conserver les sièges gagnés en 2022 – voire d’en gagner de nouveaux – lors des élections professionnelles de 2026. Notre présence en instance renforce notre poids face à l’administration, permet une meilleure visibilité auprès de nos collègues et nous permet d’accéder à des informations importantes dans la construction de rapports de force. Ces élections ne sont pas une fin en soi, mais il s’agit bien d’obtenir des moyens cruciaux pour notre avenir.
5)Adapter nos outils démocratiques
Construire l’élargissement de notre base militante et viser l’adhésion d’une majorité de collègues à nos valeurs est une voie nécessaire à la construction d’un rapport de force efficace et à la transformation du service public de l’Éducation Nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Pour autant, cela questionne notre fonctionnement interne et les limites de nos outils en terme de vie démocratique. Ce développement nous oblige à repenser le rôle et l’organisation de notre syndicat. La massification doit se faire dans une perspective autogestionnaire et sur la base de nos valeurs. SUD éducation 44 est un outil de lutte où chacun et chacune doit pouvoir trouver sa place et s’impliquer.
SUD éducation 44, un syndicat antisexiste (Texte de 2021)
Syndicat de lutte et de transformation sociale, SUD éducation 44 affirme sa détermination à lutter contre toutes formes de domination, notamment celle du système patriarcal, sexiste et hétéronormé. Dans ce cadre, nous défendons tous les personnels, quelles que soient leur identité de genre et/ou leur orientation sexuelle.
Nous faisons le constat de l’oppression que notre société capitaliste et patriarcale impose aux femmes. Nous sommes résolument engagé·e·s dans les luttes féministes qui se jouent actuellement. De ce fait, nous combattons toutes les discriminations sexistes et LGBTQIA+phobes.
Le féminisme dans lequel nous nous reconnaissons est intersectionnel : il combat toutes les formes d’oppression (racisme, grossophobie, validisme, classisme…) et défend d’autres modèles que ceux que la société actuelle nous propose.
1. Au sein des établissements scolaires
Nous faisons le constat que la construction de l’identité de genre se fait notamment à l’école. En tant que professionnel·le·s de l’éducation, nous avons donc un rôle à jouer et un questionnement à mener sur notre responsabilité quant aux valeurs que nous véhiculons sur notre lieu de travail.
SUD éducation 44 revendique une déconstruction des stéréotypes de genre, en pratiquant une veille constante sur nos pratiques en classe. Cela comprend aussi bien nos choix pédagogiques (séquences d’enseignement, apprentissage non sexiste de la grammaire, choix d’autrices et de personnalités féminines, autant d’éléments qui doivent être inscrits en amont dans les programmes scolaires) que ce qui construit la vie de la classe (interactions avec les élèves, avec les familles et les collègues, valorisation de la parole de chacun·e…).
Nous militons pour que chacun·e trouve sa place dans l’espace public des établissements scolaires, notamment lors des récréations. Il nous semble inadmissible qu’un·e élève se sente en insécurité lors de ce temps supposé agréable.
Nous revendiquons, de la maternelle à l’université, l’accès à une éducation à la sexualité, visant à expliciter le consentement, déconstruire les stéréotypes de genre et les normes hétérosexuelles. Il nous semble essentiel de valoriser une éducation basée sur le respect du corps des autres, l’appropriation et l’acceptation de son propre corps. Enfin, nous luttons pour avoir une formation initiale et continue nous permettant de mettre en place cette éducation antisexiste sereinement.
2. Au sein du syndicat
a) En tant que syndicalistes
SUD éducation 44 s’engage à défendre syndicalement les personnels discriminés sur leur lieu de travail en raison de leur orientation sexuelle ou leur identité de genre. Nous combattons fermement toute forme de violence sexiste et sexuelle au travail.
Par l’intermédiaire de lectures militantes et de stages (notamment celui qui est organisé annuellement par la commission antisexiste de la fédération ou encore celui de Solidaires 44), nous nous formons régulièrement aux pratiques féministes et restons attentif·ve·s aux actualités sur ce sujet. Cela nous permet notamment de nous former à accueillir la parole des victimes et à les accompagner syndicalement.
Par ailleurs, nous utilisons et relayons (dans nos établissements et auprès de nos collègues) le matériel militant proposé par la commission antisexiste et LGBTQIA+ de la fédération SUD éducation, et nous nous investissons en son sein.
b) En tant qu’adhérent·e·s
Nous avons conscience que les mécanismes de domination patriarcale sont une entrave à l’investissement des femmes dans la vie syndicale. C’est la raison pour laquelle SUD éducation 44 veille à favoriser l’implication des femmes dans son syndicat.
Pour cela, SUD éducation 44 met en place une organisation interne qui permet le remboursement des frais de baby-sitting à hauteur de dix euros par heure (cf. statuts), qui encourage la parole des femmes au sein des AG (notamment via le recours à la liste dite « canadienne ») et qui utilise systématiquement l’écriture inclusive. Par ailleurs, nous nous montrons vigilant·e·s quant aux horaires des différentes réunions et assemblées générales. Nous devons également représenter la forte féminisation de notre milieu professionnel lors de la désignation des tribunes d’AG, des différentes délégations et des divers·e·s mandaté·e·s (notamment les personnels déchargés)
SUD éducation 44 condamne fermement tous les propos, actes et agressions sexistes et LGBTQIA+phobes, y compris sous couvert d’humour et dans la sphère privée. Nous veillerons, si cela arrivait au sein du syndicat, à ce que les sanctions prévues aux articles 6 et 7 du règlement intérieur s’appliquent.
De plus, nous avons recours à la non-mixité choisie pour lutter contre le système de domination patriarcale. Il s’agit d’un outil permettant aux personnes opprimées de se réunir sans leurs oppresseurs. C’est un moyen de construire les luttes féministes, de s’organiser entre personnes concernées et de s’auto-émanciper. Sans les considérer comme une fin en soi, nous sommes convaincu·e·s que nous avons besoin de ces espaces où la parole est libérée, pour ensuite se sentir plus outillé·e·s et plus confiant·e·s dans les groupes mixtes. SUD éducation 44 peut donc être amené à organiser des ateliers en non-mixité choisie selon les envies et propositions des adhérent·e·s.
Enfin, nous pouvons proposer de soutenir divers.es collectifs ou associations féministes. SUD éducation 44 peut également s’associer à certains évènements féministes, après décisions d’AG.
c) Au sein de Solidaires 44
SUD éducation 44, dans le cadre de son investissement au sein de l’interprofessionnelle Solidaires 44, appelle à participer et à s’approprier différents temps forts des luttes féministes :
• la grève des femmes le 8 mars, lors de la journée internationale de luttes pour les droits des femmes, et la participation à une manifestation aussi unitaire que possible ;
• la marche des fiertés au mois de juin, qui rappelle l’importance des luttes LGBTQIA+ ;
• la journée internationale contre les violences sexistes et sexuelles le 25 novembre.
Par ailleurs, SUD éducation 44 s’investit dans la commission « Sorcières solidaires 44 ».