Le collectif Educ en Lutte et le collectif éducation prioritaire ont invité les collègues et les parents d'élèves des écoles orphelines de Saint-Nazaire à se rassembler après la pré-rentrée, vendredi 29 août à 17h30 devant l'inspection académique.
Une cinquantaine de personnes étaient présent-es, professeur-es des écoles, parents d'élèves, syndicats, le député de la circonscription et des collègues de collèges et lycées nazairiens, venu-es en soutien.
Bonjour à toutes et à tous, merci d'être là pour ce moment important.
Nous sommes représentantes syndicales (SNUipp et SUD éducation) et membres du collectif Educ en Lutte, qui regroupe des syndiqué-es et des non syndiqué-es, militant-es dans le secteur de l’éducation, sur le bassin nazairien.
La rentrée aura lieu dans 3 jours. Aujourd'hui, nos collègues se réunissaient pour pouvoir accueillir dans les meilleures conditions possibles leurs élèves lundi.
Hélas ce sera compliqué pour bon nombre de nos écoles. Notamment pour les écoles dites « orphelines » qui malgré leur public en majorité défavorisé ne sont pas classées en éducation prioritaire (REP / REP +) parce qu’elles ne sont pas rattachées à un collège de REP. Elles ont pourtant, pour certaines d’entre elles, un indice de position sociale inférieur (IPS) à celui de beaucoup d’écoles classées REP. Mais elles ne bénéficient pas des avantages de l’éducation prioritaire: du temps et des moyens supplémentaires aux équipes, des effectifs réduits, davantage d'aide pour les élèves en difficulté. Sur le bassin nazairien six écoles sont concernées : Léon Gambetta, Pierre Brossolette, Jules Ferry et Jean Zay à Saint-Nazaire, Jean Jaurès et Albert Vinçon à Montoir de Bretagne. Il s’agit là d’une véritable rupture d’égalité que le collectif Education prioritaire 44 qui regroupe sur notre département des enseignant-es, des élu-es locaux, des parents, des syndicats et des citoyen-nes, dénonce avec constance depuis plusieurs mois.
Cette situation est reconnue par la cour des comptes qui indique dans un rapport «Cette modalité de labellisation a entrainé des situations d’écoles dites “orphelines” qui ne bénéficient pas du classement en éducation prioritaire alors même que la réalité sociologique de leur public le justifierait. Ce choix revient donc à exclure du système des élèves qui en auraient besoin ».
Les équipes éducatives du collège de La Durantière et de l’école Mandela ont été reçues cet été par le ministère à Paris. D'après les membres présents du ministère, tout est prêt pour rouvrir le dossier de la carte de l’éducation prioritaire. Ils ont admis une grande disparité de traitement entre les élèves. Mais les enjeux politiques sont tellement lourds (250 entrées, 250 sorties) que la décision ne peut venir que de l'Elysée ou Matignon. En revanche, les rectorats peuvent décider de classer des écoles primaires en REP (éducation prioritaire simple), en mobilisant leurs propres moyens.
Ce moment est important car la dernière instance de l'éducation nationale qui ajuste les ouvertures et fermetures de classe se tiendra lundi. A l’heure qu’il est, si aucune mesure n’est prise pour elles, des écoles de notre bassin vont devoir accueillir leurs élèves, souvent en difficultés, parfois handicapés, dans des conditions très insatisfaisantes :
par exemple, à Jean Zay, l’école n’a pas vu sa demande d’ouverture de classe validée en juin dernier. Nous pouvons souligner les efforts de la mairie concernant les inscriptions et son soutien envers l’école, mais malgré cela, la répartition des élèves dans les classes reste compliquée avec au choix des effectifs lourds ou des doubles niveaux complexes en raison de l’accueil d’élèves en grandes difficultés, allophones ou en situation de handicap. Il sera aussi impossible d’accueillir des enfants de 2 ans (7 inscriptions de Tout Petit Section ont dû être refusées) alors que l’école compte 33 % d’élèves ne parlant pas français à la maison et qu’à proximité, deux poches de pauvreté ont été identifiées par l’État. Or nous le savons, pour ces familles, la scolarisation dès 2 ans est fondamentale.
Quant à l’école Jules Ferry, qui a subi une fermeture de classe élémentaire l’an dernier, elle comptera à la rentrée 272 élèves pour 11 classes, dont une classe de Toute petite section (TPS) à effectif réduit, ce qui pourrait entraîner, dans les autres classes, des effectifs proches de 26 élèves. Cette école, située dans un quartier prioritaire de la ville et qui a un IPS bas, accueille aussi un dispositif ULIS. Comment inclure comme il se doit les élèves en situation de handicap avec de tels effectifs ? Pour beaucoup d'enseignant-es, malgré leur meilleure volonté et tous leurs efforts, l’année s’annonce donc très compliquée.
En tout sur le département , 44 écoles ont un IPS inférieur à la dernière école classée en REP+, cela représente 4619 enfants (pour 4912 qui sont scolarisés en REP et REP+). Il est de la responsabilité de l’état et des services académiques de garantir l'égalité entre nos élèves et de leur offrir des conditions d’apprentissage satisfaisantes.
Nous attendons donc beaucoup de l'instance de lundi, durant laquelle une motion intersyndicale large sera lue : des ouvertures de classes et des moyens, enfin, pour ces écoles.
Pour une école plus juste et égalitaire, pour la réussite de tous les enfants !
Nous ouvrons le micro aux écoles ici présentes afin qu'elles puissent exprimer leurs inquiétudes.
Mise à jour suite au CSA du lundi 1er septembre : une ouverture de classe est actée à l'école Jules Ferry mais pas à l'école Jean Zay. Bravo à la mobilisation des parents d'élèves de l'école Jules Ferry ! Nous continuons de soutenir l'école Jean Zay et de revendiquer des moyens supplémentaires pour cette école.





