Cette commission, ayant pour objet le licenciement pour inaptitude de 8 AESH au sein de l'académie, s'est tenue dans un contexte très particulier : ce lundi 8 décembre, le collège Chantenay de Nantes, un des collèges les plus importants de la ville, a été contraint de fonctionner en mode « dégradé » (temps d'accueil des élèves fortement réduit et fermeture totale de la restauration scolaire.) du fait de l'absence de plusieurs AED placé.e.s en congé maladie. Cette situation, absolument scandaleuse, aurait pourtant pu être évitée. A Chantenay comme dans bien d'autres établissements, les alertes concernant la dégradation des conditions de travail des assitant.e.s d'éducation se multiplient :
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effectifs très nettement insuffisants,
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arrêts maladie bien souvent non remplacés, ou simplement à 50% de la quotité initiale,
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multiplication à outrance des missions et réquisition des AED pour des tâches administratives sans lien avec la vie scolaire,
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absence totale de formation, initiale et continue, alors que nous sommes quotidiennement confronté.e.s à des situations délicates et que les manquements liés au recueillement de la parole des élèves victimes de violences sont aujourd'hui évidents.
Il nous semblait plus qu'essentiel de rappeler ce contexte en déclaration liminaire (consultable ci-dessous) et d'interpeller le rectorat sur une tendance globale des plus alarmantes : plusieurs témoignages de vies scolaires font état de conditions de travail qui deviennent insoutenables et d'équipes au bord de l'implosion. Il est urgent de réagir avant que nos collègues ne finissent totalement brisé.e.s et que les mesures exceptionnelles qui ont été prises cette semaine à Chantenay finissent par devenir la norme.
Nous avons également rappelé, à l'issue de l'examen d'un des dossiers de licenciement pour inaptitude, les conséquences concrètes de la précarité dans laquelle sont maintenu.e.s les AED et AESH : nombre de nos collègues, du fait de salaires extrêmement faibles (à peine plus de 900e pour la grande majorité des AESH), n'ont d'autre choix que de venir travailler malgré la maladie, sans prise en compte de leur état de santé et sans adaptation de leur poste, et ce jusqu'à ce que la souffrance ne soit plus supportable: à ce moment-là, il est déjà trop tard.
Si vous rencontrez des difficultés, si vous aussi vous vous trouvez dans une situation de souffrance au travail, ne restez pas seul.e.s : parlez-en autour de vous, prenez contact avec le syndicat SUD éducation de votre département, construisez des collectifs pour échanger et construire ensemble des revendications. Il est grand temps que nous nous mobilisions pour que cesse ce mépris à l'encontre de personnels pourtant essentiels à la vie des établissements.
